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mardi 3 avril 2018

Copier, coller, forwarder

Copier, coller, forwarder, voici la nouvelle devise du travailleur de bureau, de l'étudiant à la cool, de l'opérateur de centre d'appel. Il faut des réponses prêtes à l'emploi, rentrant parfaitement dans la case, surtout ne pas avoir à réfléchir. Non ce n'est pas seulement lié au management qui souhaite normaliser et rationaliser au maximum le travail, c'est une paresse intellectuelle qui se répand partout. 

L'habitude de Google qui sait tout, de l'instantanéité des réseaux sociaux sans doute. 

Il est pourtant insupportable d'avoir la sensation de faire face à une personne qui n'en a rien à faire, répond vite et mal, sans faire appel à la moindre capacité de raisonnement. Néant de la réflexion. 

Ces paresseux souvent bardés de diplômes ne comprennent pas encore que se contenter de distribuer des réponses toutes faites est un travail de robot. La sélection naturelle va faire son œuvre, les bots vont bientôt prendre la relève. 

Alors on verra une nuée de travailleurs abêtis hurler son sa haine sur les réseaux sociaux et dans le urnes, nuée d'aigris incapable d'imaginer de nouveaux futurs. 

Alors les démagogues triompheront définitivement. 

samedi 9 septembre 2017

Tes actes révèlent ta pensée


Combien de fois expliques-tu que tu aimeras faire ceci, découvrir cela, prendre telle ou telle résolution. Pourtant rien ne vient, tu ne mets jamais tes pensées en action.


Tu me diras que c'est par paresse, manque de temps, manque de moyens ou que sais-je. Tu te mens. Si tes paroles ne sont pas suivies d'effet, c'est que tu n'y crois pas, tu parles pour te donner bonne conscience ou faire plaisir à ton interlocuteur ce qui revient au même d'ailleurs. 


Tes actes sont le révélateur de ce que tu penses vraiment. 

samedi 12 août 2017

Du confort des systèmes de pensée

L'homme adore les systèmes de pensée (donc les idéologies). Avoir un petit système prêt à l'emploi, un prêt à porter de la pensée en somme, voilà qui est confortable. 

L'homme se dédouane ainsi du risque de juger, le système juge pour lui. 

Quel confort, quel quiétude de ne pas avoir à décider par soi-même en son âme et conscience ! Voilà pourquoi les idéologies ont encore de beaux jours devant elles.

jeudi 25 mai 2017

La génération Z est-elle fainéante ?

Tu tombes encore une fois sur l'un de ces posts LinkedIn creux et prétentieux, confirmant le néant abyssal du contenu diffusé sur cette plateforme, dès que l'on sort des sujets dits techniques.

Donc, un père propose à son fils de 12 ans un peu d'argent pour passer l'aspirateur. Au bout de 3 minutes, l'enfant rend l'argent et stoppe son labeur en expliquant que ce travail est bien trop ennuyeux. Tu as le droit ensuite à une conclusion du père d'une imbécillité sidérante sur la nécessité impérieuse de s'adapter à la génération Z, capable de refuser un travail si il est ennuyeux. Rappelons que :
- Certains enfants dans la même situation auraient fini le travail par respect pour la parole donnée, d'autres auraient refusé tout de suite, sans parler de ceux qui auraient même accepté sans demander de rémunération. 
- L'expérience est biaisée puisqu'il n'existe aucune incitation majeure pour faire le travail : le petit garçon n'a pas de charges à payer, pas de clients à satisfaire. 
- Conclure ceci est exprimer de manière totalement décontractée son mépris des métiers ennuyeux que nous sommes bien heureux de voir pourvus : agent d'entretien, ouvrier en usine, ouvrier agricole...
- Surtout les généralités grotesques à partir de cas isolés sont à proscrire, définitivement. 

Pourtant ce type de généralisation à partir de quelques cas isolés ou d'expériences spécifiques biaisées semble devenir le fondement des réflexions et analyses de nombreuses personnes. Partir d'un cas isolé pour en déduire une généralité, voilà une expression souriante de la misère de la pensée actuelle. 

mardi 23 mai 2017

De l'importance du vocabulaire pour comprendre le monde

La maîtrise du vocabulaire, du mot juste te permet de comprendre le monde qui t'entoure. Pas besoin de concepts compliqués, il suffit de comprendre les différences parfois subtiles entre concepts : droit ou fait, général ou universel, addiction ou compulsion...

Mais qui désormais est capable d'analyses subtiles autour du vocabulaire quand il faut désormais penser à la truelle ? 

dimanche 7 mai 2017

Tweet ou long argumentaire ?

Désormais, l'avenir du monde se décide en quelques tweets, il est donc inutile de présenter des argumentaires longs, précis et ennuyeux. Nous n'avons plus la patience pour ça. 

L'heure est aux improvisateurs doués et aux raccourcis, pas aux longues présentations et aux argumentaires fouillés. 

dimanche 5 février 2017

Addiction aux problèmes

Les personnes qui t'entourent t'expliquent régulièrement leurs problèmes, leurs difficultés, leurs épreuves. Dès qu'un problème est réglé, un autre problème vient prendre la place alimentant un souci continu. 

En réalité la plupart des gens sont accros aux problèmes, ils en créent même quand leur vie semble trop tranquille. 

De ton côté, essaie plutôt d'être accro aux solutions. 

dimanche 13 novembre 2016

Méditations

Quand tu penses à la méditation, tu imagines une personne assise dans la position du lotus, tentant de faire le vide, d'atteindre la paix de l'esprit voire un état de conscience modifié. C'est une démarche centrée sur soi-même, sur son corps et non sur un objet de pensée. 

Pourtant la méditation peut être bien autre chose. Loin de la méditation contemplative, il existe une tradition ancienne de méditations intellectuelles. Ces méditations visent à te faire réfléchir sur une question existentielle, à te forcer à faire un bilan sur ce que tu es et sur ce que tu fais. Les philosophes antiques ont théorisé nombre d'exercices de ce type et tu peux également en imaginer d'autres. Voici quelques idées en vrac :
- Le regard d'en haut (remettre ta vie en perspective)
- La méditation sur la mort et la brièveté de la vie
- Le bilan quotidien de tes réussites et de tes difficultés
- La tenue d'un carnet rassemblant tes pensées, tes doutes, tes convictions (c'est la raison d'être de ce site d'ailleurs)
- La liste de ce qui te serait indispensable pour repartir de zéro si tu perdais tous tes biens matériels
- ...

Ces exercices ne visent pas la relaxation du corps ou à faire le vide mais au contraire à affronter tes doutes, tes peurs, tes difficultés. En mettant des mots sur ce que tu vis, en prenant le temps de méditations intellectuelles, tu te libères de certaines angoisses en les remettant en perspective. Tu ne mets pas la poussière sous le tapis, au contraire tu te lances dans le grand ménage. 

Voilà qui va bien au-delà de la méditation rabougrie dont on fait allègrement la promotion. 

vendredi 5 août 2016

Pensée journalistique

Détrompe-toi, l'objectif n'est pas de casser du journaliste. Rédiger un article ou un reportage sur un sujet souvent mal connu, à partir de bribes de donnés et dans un espace ou un temps contraint nécessite du talent. Essaie-toi de faire d'une masse d'informations éparses un contenu compréhensible par le plus grand nombre. 

Le problème apparaît quand la pensée journalistique devient la norme dans les organisations. Tu vois apparaître alors des théories, des argumentaires reposant sur quelques informations, une connaissance parcellaire de l'activité ou des clients. De cette bouillie de pensée n'émergent que quelques mots magiques accompagnés de statistiques acrobatiques. La réflexion de fond est remplacée par du journalisme de piètre qualité. 

Comment expliquer à certains qu'un métier, peu importe lequel, s'apprend dans la durée ? Il faut incorporer, intérioriser les connaissances pour pouvoir espérer comprendre ce que l'on fait et apporter des évolutions réelles et sérieuses. 

Ici la pensée magique ne fonctionne tout simplement pas. 

mercredi 9 mars 2016

Un merci vaut mieux qu'un pardon

Arrête les excuses, ça ne sert à rien. S'excuser c'est regarder en arrière et surtout c'est se mettre en position d'infériorité vis-à-vis de l'autre. Voilà qui est désagréable pour tout le monde, car n'oublie pas qu'il vaut mieux faire envie que pitié.

Au lieu de t'excuser, contente toi de dire merci et reconnais ainsi les mérites de la personne en face de toi.

Dis :
- "Merci de m'avoir attendu" au lieu de "désolé d'être en retard"
- "Merci de ta patience" au lieu de "désolé je ne comprends rien"
- "Merci de m'avoir écouté" au lieu de "désolé de t'embêter avec mes problèmes"
- "Merci de passer du temps avec moi" au lieu de "désolé de ne pas être de meilleure compagnie"

Tu verras, passer du pardon au merci changera ta relation avec les autres. 

mercredi 27 janvier 2016

Vérité et poésie

La vérité c'est comme la poésie. 

Tout le monde dit aimer ça mais personne ne la lit. 

vendredi 1 janvier 2016

Anti-résolutons

C'est le moment, c'est de saison, tu reçois de tous des voeux plus ou moins sincères, plus ou moins contraints. Tu me diras, tu fais de même en ce moment à appeler amis et famille, à envoyer des messages à tes contacts professionnels plus ou moins proches. Souhaiter le meilleur aux autres, avoir une bonne pensée pour eux, cela ne peut pas faire de mal, du moment que tu es sincère (de grâce, n'envoie pas tes voeux aux gens que tu méprises).

En revanche, ne tombe pas dans le piège des bonnes résolutions. Voilà le prototype de la bonne conscience en action, de la mélasse intellectuelle qui ne sert à rien. Tu vas te mettre au sport, arrêter de fumer, être moins stressé, passer du temps avec tes enfants, autant d'actions qui ne seront jamais suivies d'effet. 

Pourquoi essayer de te mettre la pression sur des choses qui sont souvent insignifiantes ? Pourquoi se pourrir la vie avec une liste de résolutions ? La vie n'est pas une putain de to do list, ce n'est pas une course, tu n'as personne à battre, pas même ton ombre. 

N'essaie pas de te donner bonne conscience, assume tes vices et tes faiblesses. Profite de ce que tu es,  de ce que tu vis ici et maintenant et arrête d'essayer de te créer des challenges sans intérêt. Il y a bien mieux à faire. 

Comme souvent, simplifie ta vie et tes attentes, réfléchis au quoi faire avant de te lancer dans le comment faire. Tu verras, tu te sentiras bien mieux.

mercredi 30 décembre 2015

Gimmicks

Quand tu regardes nombre de projets, d'initiatives privées ou publiques, tu peines à trouver les propositions de fond ou les innovations. Tout n'est qu'apparence, poudre de perlimpinpin. Tu as par exemple les mots magiques dans les présentations (vivre ensemble, ambition, respect, transparence...), les fonctionnalités magiques dans les services Internet (la hotline Facebook ou Twitter, les effets visuels sur les pages...). 

Pour cacher la misère de la pensée, on créé des gimmicks.

mercredi 16 décembre 2015

Café du commerce

La frontière est souvent étroite entre la pensée profonde et le café du commerce, entre la sagesse du plier de bar et la sagesse tout court. 

dimanche 31 mai 2015

Misère du langage, misère de la pensée

Le langage c'est la pensée, voilà le type de phrase qui te parait tarte à la crème. Bien entendu, tu l'entends cette petite musique dans ta tête quand tu penses, ta pensée n'est que flux de paroles, phrases articulées. La belle affaire !

La pensée n'est pas pure abstraction, elle n'est que langage, modulations, nuances, la profondeur de ta pensée n'est que le reflet de ta maîtrise de la langue. On touche là au cœur du sujet : quand le langage se réduit à un vocabulaire de 300 mots, quand la parole n'est que borborygme informe sans début ni fin, il n'y a plus de pensée. La pensée s'étiole, se meurt, devient inepte.

Regarde l'évolution du langage de nos élites politiques, économiques ou artistiques. Ecoute les fautes grossières, les raisonnement alambiqués, les phrases toutes faites. Emprisonnés dans un langage trop fruste, leur pensée ne peut pas se déployer tout simplement.

Bureaucrates, lobbys divers se réjouissent de cette mise à mort du langage, remplacé dans les instances qui comptent par un sabir globish infâme, rendant toute pensée inepte. 

Ainsi désarmés, nous sommes à leur merci. C'est bien l'objectif d'ailleurs.