samedi 11 août 2018

Etre pendu à son smartphone n'est pas un pêché

Les réseaux sociaux et le bruit permanent qu'ils génèrent sont de plus en plus critiqués. Nombreux sont ceux qui appellent à supprimer leurs comptes,à ranger le smartphone au fond du tiroir pour réapprendre à vivre (savent-ils d'ailleurs ce que signifie ce mot, vivre ?).

Pourtant, n'est-ce pas se priver d'une source incroyable de connaissance, de sérendipité et donc de créativité ? À cet instant, j'écris dans le métro, j'ai regardé distraitement auparavant quelques nouvelles, des citations, des bouts de contenu qui pour certains m'ont fait réfléchir, nourrissant par rebonds successifs ma pensée. Pourquoi diable faudrait-il renoncer à cela ? 

Imagine donc un monde sans ton joujou connecté. Sans parler de sujets bassement pratiques, comment trouver des idées de lecture, des sujets a creuser ? Comment se tenir au courant des dernières tendances concernant ton métier ou ta passion ? On te rétorquera que rien ne remplace un livre ou une discussion avec une personne de qualité. Mais rien ne pourra égaler la richesse du contenu à portée de main, les possibilités infinies du web et des réseaux sociaux. En te fermant de ce monde, tu vas penser en vase clos, créant une chambre d'écho. Pas besoin de réseaux sociaux pour cela.

Ce luddisme à courte vue, promu par des instagrameurs cherchant à vendre leur ebook ou leurs leçons de coaching est une imbécilité. La detox digitale a ses limites, il faut juste savoir filtrer le contenu et ne retenir que le meilleur. 

C'est à dire ce qui te fera grandir un peu.  

mercredi 8 août 2018

L'imaginaire malheureux

« Quand on n’a pas d’imagination, mourir c’est peu de chose, quand on en a, mourir c’est trop. » Céline

Peut-être que l'on touche ici le grand malheur d'une époque, gavée d'images, de sons, de représentations et d'envies. Le quidam ne se résigne plus, il désire, il ne se contente pas, il réclame, il n'attend plus, il imagine. A chaque instant, les images d'une réussite rêvée, mise en scène, avec filtres s'offrent à lui, excitant son imaginaire. 

Tu imagines une vie, des vies rêvées : des amours, des voyages, des accomplissements professionnels. Tu penses que tout est possible à force d'efforts mais surtout de chance, de coups de pouce, de talent. Tu te trompes d'ailleurs. Réussir est question de travail avant tout (c'est la seule chose qui dépende de toi), de Kairos et de réelle prudence (φρόνησις), celle des audacieux.

Quand on a a de l'imagination, ne pas se rapprocher de sa vie rêvée, c'est déjà trop en effet. Trop de frustration, trop de déprime, trop de rancœur face à un destin qui ne te donne pas ce que tu penses mériter. Tu finis aigri comme les autres. 

Au lieu d'imaginer, mieux vaut vivre, au lieu de rêver, mieux vaut accepter. Ce qui n'empêche pas de saisir l'opportunité, qui surgira nécessairement, pour changer ta vie. Mais pour cela il faut agir, ici et maintenant. En es-tu capable ?

vendredi 3 août 2018

Des provocations faciles

Beaucoup sont très fiers de leurs petites provocations : une règle transgressée, un bigot paresseusement provoqué, des mots et des attitudes crus. 

Pas de quoi fouetter un chat. 

Dans le même temps, certains dénoncent la corruption, se dressent contre les extrémistes religieux, soignent les plus humbles ou refusent les compromissions. Voilà les véritables provocateurs, les admirables agents du changement. Ceux-là risquent leur peau. 

Les autres, les fraudeurs qui mettent en scène leurs provocations ne sont que des enfants gâtés. Ils ne risqueraient pas leur petit confort pour une cause. 

Le véritable provocateur a forcément quelque chose à perdre.