mardi 17 octobre 2017

La réussite est forcément synonyme de frugalité,

Pour être libre, tu dois réussir à limiter au maximum tes besoins, notamment matériels. Tu peux ainsi rester flexible, brûler tes navires au besoin pour te réaliser pleinement. 

Par ailleurs, c'est en dédaignant les signes extérieurs de réussite que la réussite viendra le plus naturellement à toi. Libéré des contraintes matérielles et sûr de tes choix, tu acquiers l'état d'esprit pour accomplir ce que tu souhaites. 

Le paradoxe n'est qu'apparent.

lundi 16 octobre 2017

Elites et consommation ostentatoire

A la fin XIXeme siècle Veblen a étudié la société de consommation naissante. Il a constaté que les élites une fois leurs besoins primaires satisfaits continuaient à consommer de manière ostentatoire en articles de luxe notamment. Les comportements de consommation sont ainsi un marqueur social, un moyen de se différencier des autres franges de la population. 

Cet effet de snobisme est le moteur de la consommation depuis plus d'un siècle, l'achat de produits de luxe ou de marques permet aux classes moyennes et supérieures de construire leur identité sociale. 

Pourtant, depuis une décennie le poids de la classe supérieure dans la consommation ostentatoire se réduit alors que dans le même temps ses revenus augmentent rapidement. Ce n'est donc pas un choix subi mais bien une tendance de fond. 

Le statut social s'exprime toujours par l'objet bien sûr mais les produits de luxe classiques sont délaissés car trop accessibles. Les achats s'orientent vers des pièces de créateur, des objets de collection rares, il suffit d'observer les intérieurs des élites modernes. D'ailleurs, l'augmentation très sensible des dépenses de consommation ostentatoire pour les classes moyennes illustre une "démocratisation" du luxe, poussant les élites à chercher autre chose : des expériences uniques. Car la tendance de fond est le glissement du luxe par l'objet au luxe par l'expérience. La domination sociale s'exprime désormais par des expériences uniques, partagées avec ses pairs : voyage au bout du monde, cours de yoga pour happy fews, restaurants conceptuels... 

Dire que la consommation ostentatoire des élites baisse est sûrement réducteur, les statistiques doivent certainement omettre les expériences uniques et les objets de créateur. L'effet Veblen est donc plus que jamais d'actualité, il faut juste mettre à jour la définition de consommation ostentatoire. Ce luxe expérienciel est d'ailleurs plus élitiste encore car il permet de créer clubs, barrières à l'entrée renforçant le quant-à-soi, excluant non pas les plus pauvres mais les moins inclus. Voilà comment est sélectionnée l'élite de l'élite.