mardi 7 avril 2020

De quoi la chloriquine est-elle le nom ?

Le Covid-19 frappe autour de nous, la moitié de l'humanité est confinée pour échapper au virus. En cette période difficile, les espoirs et les polémiques tournent autour de la chloroquine. Je n'ai aucune opinion sur l'efficacité de ce médicament pour combattre le mal. Néanmoins, cette histoire nous dit 3 choses sur les croyances de l'époque.
- L'existence d'un être providentiel, sorte de demi-Dieu capable de sauver les autres par son génie. Nous retrouvons ici une thématique médiatique récurrente, vue à longueur d'articles et de reportages avec les grands patrons, les sportifs de haut niveau ou les stars de cinéma. Nous avons brûlé les icônes pour les remplacer par des idoles.
- L'existence d'une solution technique miracle permettant de dépasser les difficultés, sans avoir à faire le moindre effort. Le confinement, les masques, la distanciation sociale, autant de mesures difficiles à mettre en oeuvre, nécessitant une discipline personnelle deviendraient inutiles. Le remède miracle, soignant tout le monde sans risque ni difficulté est bien plus attrayant. Notre foi dans la technique est totale. 
- La possibilité de faire mieux que les experts et les élites. Les autorités scientifiques, politiques et administratives sont démonétisées, leurs positions considérées comme inappropriées, biaisées et inefficaces. Il existerait une "sagesse populaire" bien plus pertinente que celle des élites. 

L'époque technicienne et consumériste se fait de nouveau jour avec cette polémique.

dimanche 5 avril 2020

Avril

La fraîcheur enveloppe les petits matins,
Inondant de soleil les journées qui s'allongent,
Transperçant l'air d'avril les hirondelles plongent
Dans un ciel immaculé, d'un bleu de satin.

Le parc déserté est muré dans le silence,
Demain est annulé, la vie est sans futur,
Aujourd'hui, notre seul point de repère sûr,
Les heures s'étirent, en pleine conscience.

Le muflier montre le rose de ses fleurs,
Le printemps se moque de nos visages blêmes,
Éternel miracle, éternel retour du même.

Bientôt nos corps seront mordus par la chaleur,
Nous sortirons comme chaque petit matin,
Dans un ciel immaculé, d'un bleu de satin.

samedi 28 mars 2020

Près de toi


Tu es tantôt silencieuse
Tout près de moi dans le métro
Ou bien irrévérencieuse
Là où la décence est de trop

Nous avons mordu le soleil
Et la poussière en Italie
Connu les soirées sans sommeil
Et les histoires qu'on oublie

Tu me manques depuis toujours
De loin en loin, de proche en proche
Je te perds de tours en détours
J’ignore l'anguille sous roche

Je t'ai aperçue ou frôlée
Sans réussir à te connaître
Chaque fois tu t'es effacée
Sans que le destin puisse naître

Lune cachée tournant autour
De mon existence, j'ignore
Tout de toi et de tes atours
Avant que se lève l’aurore

Ce sont quelques banalités
Presque rien, un je-ne-sais-quoi
Quelques mots simples échangés
Qui créent l’inattendu en moi

Alors s’arrête ton absence
Tu m’apparais brutalement
Me frappant comme une évidence
Quand le hasard se fait clément