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lundi 2 octobre 2017

La haine de la banalité du quotidien, ce poison pernicieux

Tu es surpris par les aspirations et les envies de nombre de tes proches. Combien rêvent de voyages exotiques, de fêtes sans fin, de création d'entreprise, de vies incroyables. Ils te décrivent leurs rêves, tu as l'impression d'être plongé dans une série télévisée, un compte Instagram, un article dans un journal de mode décrivant la vie rêvée des classes supérieures. 

Tout sauf une vie ordinaire, tout sauf la banalité du quotidien, tout sauf des contraintes à mon vouloir semblent être les slogans d'une frange de plus en plus large de personnes. Accepter une vie simple avec son lot de contraintes quotidiennes, ses petits bonheurs et ses petites contrariétés semble de plus en plus difficile. 

A force se faire bombarder par la description des vies de rêves des élites, l'anonyme a fini par s'identifier. Le contraste entre la vie rêvée parfaitement mise en scène des élites et celle du troupeau est devenu trop criant, la frustration insupportable. Alors on rêve sa vie au lieu de la vivre, on s'invente des projets voués à l'échec, on se lance des défis souvent dérisoires. Tu me diras, ça fait vivre le commerce.  

Face à ce narcissisme moderne, peut-être que la déconnexion des pollutions numériques est une solution afin de se réapproprier sa pensée, ses envies, ses rêves. C'est une façon de cesser de désirer la vie des autres, accepter de créer ton propre chemin, comprendre la banalité du monde pour mieux apprécier les bons moments, ne pas penser que l'exceptionnel doit être la norme. 

Sinon, il est toujours temps de redécouvrir les méditations antiques pour retrouver une hygiène intellectuelle. 

dimanche 27 août 2017

Artifice

"Après les fleurs factices singeant les véritables fleurs, il voulait des fleurs naturelles imitant des fleurs fausses" Huysmans, A rebours.

Tu as cette propension singulière et désarmante à chercher ce que tu n'as pas. Tu es au calme ? Tu recherches de l'animation. Tu t'es livré aux plaisirs ? Voilà que tu cherches la modération. Tu as adoré le rouge l'année dernière ? Tu ne peux le souffrir cette année. 

L'homme est ainsi fait, il ne sait rester en repos dans une chambre. Il est donc naturel que certains fassent commerce de tes inclinaisons en titillant tes envies d'artifices.

Le capitalisme et le consumérisme ne sont que conséquence. Ce ne sont que des réponses rationnelles et efficaces aux passions des hommes. 

jeudi 11 mai 2017

Addiction ou compulsion ?

Tu tombes sur un article passionnant qui te fait réfléchir sur la différence entre addiction et compulsion. Tu me diras que c'est grosso modo la même chose, tout ceci n'étant que jeu sur le vocabulaire. Pourtant, tu parles bien d'addiction à l'alcool et non de compulsion alcoolique comme tu parles de compulsion alimentaire et non d'addiction à la nourriture. 

Là encore, les mots, les routines lexicales t'indiquent qu'il y a une subtilité entre les deux concepts :
- L'addiction est une recherche d'un plaisir, c'est essayer de vivre plus fort, de dépasser tes limites. Ton addiction, c'est une manière de lâcher prise.
- La compulsion est une réponse à ton anxiété, c'est tenter d'y trouver un dérivatif. Ta compulsion c'est l'illusion du contrôle, une manière de te rassurer sur ta capacité à contrôler ta vie.

Or, les addictions (alcool, drogues...) tendent désormais à se réduire quand la compulsion devient la norme. Syndrome d'une époque anxieuse où la peur du lendemain te pousse à adopter des comportements qui te  soulagent quelques instants. 

Mais la compulsion et l'anxiété s'auto-entretiennent car le bref soulagement apporté par ta compulsion ne fait que la renforcer. Regarde ton attitude vis-à-vis de ton smartphone.

Voilà pourquoi entretenir tes compulsions est l'objectif réel de nombreux services en ligne comme les réseaux sociaux. 

L'entretien de tes compulsions est un bon business.