lundi 2 octobre 2017

La haine de la banalité du quotidien, ce poison pernicieux

Tu es surpris par les aspirations et les envies de nombre de tes proches. Combien rêvent de voyages exotiques, de fêtes sans fin, de création d'entreprise, de vies incroyables. Ils te décrivent leurs rêves, tu as l'impression d'être plongé dans une série télévisée, un compte Instagram, un article dans un journal de mode décrivant la vie rêvée des classes supérieures. 

Tout sauf une vie ordinaire, tout sauf la banalité du quotidien, tout sauf des contraintes à mon vouloir semblent être les slogans d'une frange de plus en plus large de personnes. Accepter une vie simple avec son lot de contraintes quotidiennes, ses petits bonheurs et ses petites contrariétés semble de plus en plus difficile. 

A force se faire bombarder par la description des vies de rêves des élites, l'anonyme a fini par s'identifier. Le contraste entre la vie rêvée parfaitement mise en scène des élites et celle du troupeau est devenu trop criant, la frustration insupportable. Alors on rêve sa vie au lieu de la vivre, on s'invente des projets voués à l'échec, on se lance des défis souvent dérisoires. Tu me diras, ça fait vivre le commerce.  

Face à ce narcissisme moderne, peut-être que la déconnexion des pollutions numériques est une solution afin de se réapproprier sa pensée, ses envies, ses rêves. C'est une façon de cesser de désirer la vie des autres, accepter de créer ton propre chemin, comprendre la banalité du monde pour mieux apprécier les bons moments, ne pas penser que l'exceptionnel doit être la norme. 

Sinon, il est toujours temps de redécouvrir les méditations antiques pour retrouver une hygiène intellectuelle. 

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