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jeudi 26 octobre 2017

Des envies petites-bourgeoises

Beaucoup de progressistes ont une vision naïve du peuple, pensant que les appels à l'écologie, à la sobriété, à la solidarité auront forcément plus d'échos que chez les plus riches. 

Erreur bien sûr, les plus modestes veulent avant tout accéder au style de vie bien peu écologique des plus aisés : voyages lointains, voiture, pavillon acheté à crédit, produits jetables... Les préoccupations écologiques sont un luxe que seuls ceux qui n'ont pas peur du lendemain peuvent se permettre. D'ailleurs, si tu observes les minimalistes, la plupart d'entre eux sont cadres supérieurs, sans famille et sans attaches. 

Les comportements de consommation ostentatoires, la course au matérialisme ne sont pas l'apanage des classes aisées. Ce sont des paradigmes largement ancrés, difficiles à dépasser car tu es soumis tous les jours à la pression du paraître. 

Desormais pour être il faut avoir, nous sommes tous des petits-bourgeois.

vendredi 21 juillet 2017

Hype subventionnée

Tu observes avec ironie la hype autour des voitures électriques, la hausse continue des ventes qui permet également d'enrichir tout un écosystème de constructeurs de voitures, de batteries, de bornes de rechargement. On te vend la prise de conscience de l'urgence écologique, l'envie d'agir pour la planète de clients soucieux de l'avenir de leurs enfants.


Et puis tu vois que le Danemark réduit les subventions à l'achat de voitures électriques de manière drastique car tout ceci coûte tout de même fort cher. Et là patatras : les ventes s'effondrent, les représentants (volontiers libertariens, ô douce ironie) d'entreprises comme Tesla hurlent pour retrouver leurs généreuses subventions, la bulle éclate.

Comme souvent, ce marché en croissance n'existe que par le soutien de l'Etat, éliminez l'adrénaline des subventions et il ne reste plus grand chose. Alors au lieu de voir le seul succès d'entrepreneurs brillants créant des technologies avancées, n'oublie pas d'observer les lobbyistes efficaces qui bâtissent un empire subventionné par le contribuable. 



Nationalisation des pertes et privatisation des profits.

samedi 26 mars 2016

Pierre Rabhi ou le Maurras bio

A force d'entendre parler de Pierre Rabhi, tu as voulu lire un de ces livres pour comprendre un peu mieux son parcours et sa pensée. Tu t'attendais à un livre apaisé et un peu gnangnan d'un vieux sage appelant à la sobriété. Erreur, tu découvres l'oeuvre d'un idéologue obtus, en guerre contre la modernité.

Car Rabhi sous ces airs de paysan pacifique est un idéologue de combat, un nostalgique d'un âge d'or, d'une ère pré-industrielle ou le travail manuel, le travail de la terre étaient la règle. Sûrement parce que la terre ne ment pas. 

Dans "Vers la sobriété heureuse", il nous explique son dégoût profond pour la modernité et la technologie, s'extasie de son enfance aux confins du désert : époque de la société traditionnelle, de la pauvreté, du contrôle social, de la soumission à la tradition. Ceux qui connaissent la vie à la campagne, le sentiment d'étouffement, l'absence de perspectives ne peuvent que sourire face à ce panégyrique ridicule. Et que Pierre Rabhi nous explique comment satisfaire les besoins élémentaires d'une population mondiale croissante avec un modèle de développement refusant la technologie (ce qui d'ailleurs ne signifie pas accepter les OGM ou l'agro-industrie aveugle). 

Rabhi est maurassien car il refuse le progrès (vu comme une attaque contre la Terre-Mère), refuse l'individualisme libérateur issu des Lumière en lui opposant la communauté traditionnelle, loue la tradition comme source d'ordre et d'harmonie sociale. Il n'est pas revenu à la terre par humanisme mais son dégoût de la société moderne l'a poussé à se mettre en retrait. Sa démarche offre ici un parallèle troublant avec les écrits d'un Saint-Loup, notamment "La république du Mont-Blanc". 

Mais un conseil, il faut lire Pierre Rabhi comme toutes les autres baudruches médiatiques. Connaître son ennemi est essentiel.