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mardi 4 décembre 2018

Le faux complot derrière la perte de sens au travail

Face aux procédures absurdes, aux processus compliqués et abscons, nombre de salariés restent interdits. Cette débauche d'obstacles à la vie professionnelle poussent certains à y voir une stratégie délibérée. Les responsables des entreprises auraient ainsi pour objectif de briser toute capacité de réflexion des salariés et de les rendre plus malléables, plus dépendants. L'absurde des pratiques quotidiennes aurait donc un sens !

C'est surestimer les capacités intellectuelles des managers et des bureaucrates, c'est négliger leur sincère volonté de bien faire. 

La bureaucratie aberrante n'a pas d'objectifs, pas de fin. Elle a le même comportement que les mauvaises herbes de ton jardin qui croissent sans cesse, sans but, le fait d'étouffer tes plants de salade n'est qu'une conséquence fâcheuse.

Voilà la magie du phénomène : une équipe de bureaucrates en mal d'occupation se réunit, tente de résoudre une difficulté réelle ou fantasmée dans l'organisation, définit de nouvelles règles et se loupe car incapable de comprendre les contraintes des utilisateurs. Alors de nouvelles réunions sont organisées, menant à la création de nouvelles ne fonctionnant pas mieux et ainsi de suite. 

La bureaucratie fonctionne toujours en roue libre, sans but machiavélique. Mieux encore, la création d'une procédure part souvent d'une bonne intention. Mais vouloir faire aux autres ce qu'on aimerait qu'on te fasse est rarement une bonne idée. 


vendredi 4 mai 2018

Dresseur de loulous et de chatbots

Les chatbots ou agents conversationnels en bon Français sont à la mode, d'autant plus qu'on te promet monts et merveilles à base d'intelligence artificielle et de productivité illimitée.


Alors tu as fait ce que toute personne honnête devrait faire : au lieu de pérorer tu t'es sali les mains et tu as programmé un agent. Oui, toi aussi tu peux le faire en quelques heures en utilisant un outil gratuit comme Chatfuel.

Ce petit exercice t'a permis de comprendre à quel point il est simple d'entraîner un agent basique, capable de présenter une entreprise ou de répondre aux questions clés du client. Tu as pu aussi toucher du doigt le néant qui se cache derrière la fameuse intelligence artificielle devant animer ton agent : simples réponses pré-défines à des mots ou séries de mots choisis à l'avance, aucune intelligence situationnelle, juste une réaction à un stimulus basique. Aucune révolution, de l'informatique des années 80, le marketing est décidemment efficace pour enfumer des journalistes incapables de la moindre analyse critique. 

Tu as ri des possibilités limitées de ses assistants, incapables pour un bon moment encore d'acquérir la subtile intelligence humaine. Oui tu t'es moqué et puis tu as réfléchi aux cas d'usage : réponse aux questions basiques des clients, envoi automatisé de documents standards, envoi de reporting ou de grilles tarifaires... Ces robots totalement idiots sont parfaits pour remplacer les salariés abêtis titulaire d'un bullshit job, incapables de faire autre chose que copier, coller, forwarder. Une grande partie de la bureaucratie peuplant les entreprises peut être ainsi remplacée sans aucun problème.


Non il ne faut pas rire de ces robots mais pleurer sur ces millions d'humains qui font un travail de robot. Un travail voué à disparaître.

dimanche 30 octobre 2016

On achève bien les poivrots

Une époque se définit par ses faits-divers. Ce week-end à Echirolles, un homme éméché et visiblement hors de son état normal a commencé a menacer son voisinage avec une machette. Déploiement de police, négociation et puis le drame : l'homme se fait abattre par 5 policiers après avoir sorti un pistolet d'alarme. 

Il est tout de même difficile d'imaginer 5 policiers, armés pour certains de fusils d'assaut et abrités derrière des boucliers anti-balles se sentir menacés par un quinquagénaire bourré. Cette histoire est surtout l'illustration d'une impréparation totale, d'une absence de maîtrise de la situation, avec un dispositif totalement disproportionné (des fusils d'assaut contre une arme blanche, sérieusement ?). 

Un flic n'est pas un héros ou un justicier, c'est un bureaucrate armé, garant du respect des lois et astreint à des règles et procédures strictes. Il n'y a pas d'improvisation possible, un flic doit suivre la procédure à la lettre car elle permet de limiter les risques pour tout le monde. La seule question qui vaille est là : si les policiers impliqués n'ont pas suivis les règles d'engagement alors ils doivent être sanctionnés, point.

Mais dans un contexte délétère, tu trouves une armée de soutiens et de trolls plaidant la légitime défense face à une menace "imminente". Tu sais ce sont les mêmes qui te parle de "présomption de légitime défense", concept pouvant ouvrir la voie à toutes les bavures. A les entendre, le moindre excité dans une manifestation contre la loi travail ou dans une manifestation contre le mariage pour tous devrait pouvoir être neutralisé par tout moyen par les flics. 

Ces appels à l'usage immodéré de la force deviennent de plus en plus fréquents, de plus en plus véhéments. Et tu commences à te dire que les libertés publiques sont en train de disparaître peu à peu.

dimanche 21 août 2016

Acteurs du progrès

Ne crois pas les livres attribuant telle ou telle rupture technologique à des chercheurs ou à des universitaires. Le progrès ne vient jamais de théoriciens mais de praticiens, de bricoleurs qui à force de tests, d'erreurs et de coups de chance parfois créent quelque chose de neuf. 

Regarde la découverte des propriétés radium, l'invention du moteur à explosion, la maîtrise de l'électricité, la création de la machine à vapeur, la découverte du feu...

samedi 13 février 2016

Ruse bureaucratique

La plus grande ruse de la bureaucratie, c'est de faire croire qu'elle n'existe que dans l'administration publique. Alors qu'elle est bien plus développée encore dans les entreprises privées.

Souviens-toi de ton dernier appel à un SAV.

vendredi 4 décembre 2015

Amour bureaucrate

Tu aimes la bureaucratie à cause de son vernis de rationalité, à cause de son égalité de façade. Mais tu l'aimes surtout car elle te déresponsabilise et t'offre une excuse toute prête pour justifier tes échecs. 

Avoue-le. 

mardi 24 novembre 2015

Un flic

Un flic, c'est un bureaucrate armé. Sa matraque n'est que le plongement des lois et règlements. Un flic n'intervient que quand il y a matière à paperasserie.

Rien à voir avec la lutte anti-criminalité ou avec les flics que tu regardes dans les séries télé. 

vendredi 6 novembre 2015

Labyrinthe

Regarde les bureaucraties, publiques ou privées. 

Elles créent un labyrinthe de règles, de lois, de principes. Elle perdent les gens  dans un enchevêtrement de textes abscons, plus ou moins cohérents, plus ou moins contradictoires. Voilà le plus sûr moyen de construire, puis de maintenir son pouvoir.

Pouvoir laisser les personnes dans l'ignorance, les perdre dans les méandres anxiogènes de règles absurdes : voilà pourquoi les bureaucrates sont les personnes les plus puissantes du monde. 

Pour sortir vivant du labyrinthe, garde avec toi tes principes, tes règles de vie. Conserve ce fil d'Ariane qui te permettra de triompher de la complexité. C'est certainement aussi le sens du mythe de Thésée triomphant du Minotaure. Comme toujours, les Grecs avaient tout compris.

dimanche 11 octobre 2015

Volkswagen : mêmes causes, mêmes effets

La fraude aux tests anti-pollution chez Volkswagen est une nouvelle illustration de la puissance mais aussi de la fragilité de la verticale du pouvoir. Ce constructeur (comparé à la Corée du Nord par certains)  a concentré tous les facteurs habituels du désastre. Tu retrouves toujours les mêmes ingrédients :
- Un pouvoir centralisé avec un patron tout puissant
- Un top management autiste, brutal, refusant toute contradiction. Celui qui ose contredire la ligne officielle est évincé
- Une direction arrogante, refusant d'admettre ses torts et rejetant la faute sur des lampistes. Ils ne sont ni responsables, ni coupables, seuls des salariés lambda le sont (voir l'audition grotesque du patron de VW au Congrès américain)
- Des employés vivant dans la peur qui s'auto-censurent en permanence pour éviter de se faire briser. Dans cette relation dominant/dominé, le dominé se tait, cache les problèmes ou pire encore fraude afin de faire correspondre les résultats aux fantasmes de la direction

Tu as toujours ce même modèle de management responsable lors des désastres récents :
Lehman Brothers, Société Générale, Fukushima, Areva, Parmalat, Enron... 

La verticale du pouvoir est d'autant plus dangereuse qu'elle fonctionne très bien quand l'environnement est favorable. Un pouvoir fort, centralisé, permet d'aller plus vite que les autres, de prendre le marché et renforce donc l'autisme des dirigeants. Mais ce mode d'organisation incapable de se remettre en cause plante les graines du scandale. Et quand le problème arrive, les conséquences sont souvent dévastatrices. 

dimanche 7 juin 2015

Ne sois jamais zélé

Tu as déjà dû entendre ce mot « zélé », sans vraiment le comprendre. C’est bien normal car c’est un mot certes rigolo mais compliqué à expliquer.

Une personne zélée va suivre un manuel, une procédure, des ordres de manière scrupuleuse, à la virgule près. Ce type de personne se garde bien de penser par elle-même car se réfugier derrière des règles rigides permet de n’être responsable de rien. Il n'y a aucune marge de manœuvre pour adapter les règles à la situation, les ordres sont les ordres, merci et au revoir. 

Ces zélés, tu les croises tous les jours, dans les administrations ou dans ton travail. 

Sauf que tu découvres bien vite que le zèle ou le triomphe de la lettre sur l’esprit est le poison de toute organisation. Tu t’aperçoit dès ton premier petit boulot que l’on ne peut pas tout écrire, que l’on ne peut pas prévoir tous les cas possibles et imaginables.

Respecter aveuglement la procédure officielle, c’est le meilleur moyen de ne rien faire et de rester bloqué à la première petite difficulté. D’ailleurs, certains petits malins font parfois « la grève du zèle » en signe de révolte ce qui a pour effet de paralyser leur service ou leur usine. Car suivre bêtement la procédure est souvent le plus sûr moyen de paralyser une organisation. 


Méfie toi de tous ces charlatans qui pensent pouvoir régler dans les plus petits détails l’organisation de travail des gens, leur tâche est vouée à l’échec, pire leur ambition est dangereuse. Crois-moi, il suffit de mettre en place quelques règles générales et faire confiance aux capacités d’adaptation de chacun. Tu seras surpris de voir l’intelligence et l’efficacité des solutions trouvées.

lundi 1 juin 2015

Le travail comme idéal

"Le travail n'est pas la vie. Travailler tout le temps rend fou". Voilà une saine parole d'un grand défenseur des éléphants. Tu penses à ça après une nouvelle journée de travail trop longue, coincé dans un tube souterrain avec un échantillon de tes congénères. Vie de rats de laboratoire. 

Tu te demandes alors quand tout a basculé, quand le retournement s'est opéré. Tu te souviens du mépris pour le travail des Grecs et des Romains. Tu penses aux seigneurs du Moyen-Age déléguant les basses œuvres à leurs serfs, aux ambitieux et ambitieuses des romans du XIXe siècle chassant la rente. L'amour, la guerre, l'art mais sûrement pas le travail, cette occupation vulgaire de ceux qui n'ont pas le choix.

Et maintenant que font les seigneurs du XXIe siècle, capitaines d'industries, leaders d'opinion ? Ils travaillent, ils ne font que ça : toujours entre deux avions, deux conférences, deux réunions. Ils gobent un sandwich à midi, lisent leurs mails soirs et weekend, ils ne s'arrêtent jamais. Ce sont nos exemples, nos modèles. Ils nous offrent le travail comme fin en soi, sans but, sans œuvre. Pour l'argent peut être car la courbe des dépenses suit souvent de près celle des revenus.

Le travail comme exécutoire à tes angoisses, au vide de ta pensée. La religion du travail qui comme toute religion permet au dévot l'abandon de soi, le confort de l'absence de choix. 

Demain tu y retourneras à 8 heures pétantes. Les maîtres des siècles passés te regarderaient avec dégoût.

dimanche 31 mai 2015

Le péril bureaucratique

La bureaucratie est l'eau sale d'un bain où nous nous baignons chaque jour. Le bureaucratie n'est plus seulement personnifiée par un personne terne tout droit sorti d'un roman de Kafka ou d'une sous-commission stalinienne. Non, la bureaucratie est désormais protéiforme. Elle peut être 2.0 avec les formulaires, identifiants et mots de passe à compléter à tout moment. Elle prend aussi la forme de statistiques, de données forcément édifiantes récoltées à tout bout de champ. C'est également ton quotidien de travailleur avec des procédures, des processus partout, tout le temps, où des bureaucrates contrôlent des bureaucrates. Même les flics ressemblent de plus en plus à des bureaucrates armés, perdant tout sens commun, omnibulés qu'ils sont par le respect scrupuleux des notes de service. 

Toute cette bureaucratie, privée comme publique, aboutit toujours par le contrôle, la surveillance tatillonne, car les règles doivent être respectées à tout prix. Même si cela passe par une violence larvée contre ceux qui sont plus créatifs, moins soumis ou qui tout simplement ne comprennent pas les circonvolutions de la pensée bureaucratique. 

Comment ne pas rapprocher lois de surveillance et bureaucratie. Comment ne pas voir que les lois de surveillance (Patriot Act, loi de surveillance) sont filles et bras armés de la bureaucratie ? Comment ne pas comprendre que combattre la bureaucratie s'est s'attaquer aux racines du mal ? 

La bureaucratie est l'ennemi numéro 1. C'est la négation de ton altérité, c'est ta transformation en statistique, c'est la destruction de ta condition d'Homme. 

Feu sur le quartier général.