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samedi 11 août 2018

Etre pendu à son smartphone n'est pas un pêché

Les réseaux sociaux et le bruit permanent qu'ils génèrent sont de plus en plus critiqués. Nombreux sont ceux qui appellent à supprimer leurs comptes,à ranger le smartphone au fond du tiroir pour réapprendre à vivre (savent-ils d'ailleurs ce que signifie ce mot, vivre ?).

Pourtant, n'est-ce pas se priver d'une source incroyable de connaissance, de sérendipité et donc de créativité ? À cet instant, j'écris dans le métro, j'ai regardé distraitement auparavant quelques nouvelles, des citations, des bouts de contenu qui pour certains m'ont fait réfléchir, nourrissant par rebonds successifs ma pensée. Pourquoi diable faudrait-il renoncer à cela ? 

Imagine donc un monde sans ton joujou connecté. Sans parler de sujets bassement pratiques, comment trouver des idées de lecture, des sujets a creuser ? Comment se tenir au courant des dernières tendances concernant ton métier ou ta passion ? On te rétorquera que rien ne remplace un livre ou une discussion avec une personne de qualité. Mais rien ne pourra égaler la richesse du contenu à portée de main, les possibilités infinies du web et des réseaux sociaux. En te fermant de ce monde, tu vas penser en vase clos, créant une chambre d'écho. Pas besoin de réseaux sociaux pour cela.

Ce luddisme à courte vue, promu par des instagrameurs cherchant à vendre leur ebook ou leurs leçons de coaching est une imbécilité. La detox digitale a ses limites, il faut juste savoir filtrer le contenu et ne retenir que le meilleur. 

C'est à dire ce qui te fera grandir un peu.  

vendredi 30 décembre 2016

Vers l'éclatement de la bulle Uber ?

- L'entreprise enregistre des pertes abyssales de l'ordre de 3 milliards de dollars pour des revenus de 5,5 milliards.
- Le taux de croissance a tendance à ralentir, les marchés les plus porteurs commençant à saturer.
- Aux Etats-Unis, Uber a perdu 100 millions de dollars au dernier trimestre alors que l'entreprise a 80% de parts de marché. Il n'existe donc pas de "vache à lait" permettant de financer la croissance ailleurs dans le monde.
- L'entreprise a une technologie reproductible demain par n'importe quel acteur pour quelques millions de dollars.
- Les voitures autonomes n'arriveront pas avant 2020 (et encore) et de toutes manières Uber ne maîtrise pas la technologie. Quel intérêt demain pour un constructeur de conclure un partenariat avec Uber ? Autant développer son propre service directement.
- Uber a été interdit dans certaines villes et certains pays et pourrait devoir considérer bientôt ses chauffeurs indépendants comme des salariés (procès en cours à Londres et en Californie).
- Le taux de rétention des chauffeurs est de plus en faible notamment aux Etats-Unis (reprise économique aidant) et les relations avec les chauffeurs se dégradent ainsi que la qualité de service (cf. la grève récente en France).

Nous ne sommes pas dans le cas d'Amazon au début des années 2000 qui perdait de l'argent pour construire un avantage compétitif et une logistique de premier ordre. Nous avons ici une entreprise qui perd des fortunes en exploitation et sans aucune barrière à l'entrée

Les 69 milliards de valorisation pour Uber apparaissent donc un tantinet exagérés, non ?

lundi 16 mai 2016

Du mépris des ambitions modestes

Tu tombes sur un article d'un editiorisliste anglais, nostalgique des années 70, des emplois stables et durables, des grandes entreprises nationales. Tu peux ne pas être d'accord bien sûr. 

Mais tu vois cet article partagé par des leaders d'opinion, représentants des élites mondialisés, écrasant de leur mépris les aspirations modestes des petites gens. Tu sais cette recherche passéiste et quasi-fasciste d'un peu de stabilité, d'un emploi décent et durable permettant d'acheter un petit logement, de fonder une famille. 

Oui ce projet de vie petit-bourgeois fait vomir tous les amateurs de start-up, de Digital et d'économie globalisée. Ils moquent ces classes moyennes condamnées et te vantent l'agilité, l'entreprenariat, le risque, la précarité. Ils te vendent un projet taillé sur-mesure pour eux, une vie de cadre supérieur sur-diplômé, de célibataire sans attache, d'aventurier apatride, d'élite disposant du bon capital social, économique ou culturel.

Ces gens méprisent 90% de la population dont tu as de grandes chances de faire partie. Et après ils s'étonnent de la montée de ces idiots de Trump ou de Le Pen. 

Que faire ?

vendredi 25 mars 2016

Maladies numériques (liste non exhaustive)

- Amnésie numérique: dépendance totale aux moyens de stockage numérique générant une incapacité à se souvenir des anecdotes marquantes d'une vie ou à se construire une culture générale digne de ce nom
- Athazagoraphobie : peur d'être ignoré sur les réseaux sociaux
- Claustrophobie du stockage : angoisse lorsque l'on atteint ses limites de bande passante ou de stockage
- Claustrophobie du tweet : angoisse lorsque l'on dépasse la limite des 140 caractères, caractérisé par une accélération du rythme d'écriture (note : tu es touché)
- Input junky : obsession de l'animation des réseaux sociaux (note : tu en fais aussi partie)
- Jalousie numérique : sentiment qui te prend quand une personne que tu considères moins intéressante que toi génère plus d'interactions en ligne
- Monophobie online : peur morbide de la solitude sur les réseaux sociaux, liées à un nombre faible de réponses à ses publications
- Peur de manquer quelque chose
- Peur de manquer une meilleure opportunité (ceux qui utilisent une application de rencontre en ligne savent)
- Schizophrénie de profil : incohérence entre les informations partagées sur différents profils en ligne
- Syllogomanie du cloud : stockage compulsif de documents d'une importance souvent douteuse
- Syndrome de l'assombrissement : trouble du jugement lié à un trop plein d'informations glanées sur une personne ou un sujet
- Tachylalie online : partage compulsif de contenu sur les réseaux sociaux notamment (ou flood) générant un rejet social de la part des autres
- Validation junky :  obsession des likes, favoris, retweets (note : tu en fais partie)

dimanche 14 février 2016

Réutilisation d'actifs : de la finance à l'économie du partage

Depuis des dizaines d'années, la finance a mis au point des moyens de réutilisation des actifs que lui confient ses clients ou qu'elle possède en propre. Quelques exemples parmi d'autres :
- Les dépôts couvrent les crédits offerts à d'autres clients
- Les dépôts cash sont placés à court terme
- Les actifs sont prêtés contre intérêt à court, moyen ou long terme
- Les actifs sont offerts en collatéral pour couvrir le risque d'opérations, notamment sur les marchés dérivés

L'équation est simple : le plus les actifs tournent, le plus leur rentabilité augmente. 

Ce principe classique de la finance est depuis quelques années repris par l'économie du partage. Les Blablacar, Airbnb, Uber, Heetch et toutes les plateformes de partages reposent sur le même objectif : maximiser le taux d'utilisation d'actifs existants, partiellement ou non utilisés afin d'en améliorer la rentabilité. Ce principe finalement sain (qui a parlé de développement durable) ne fera que se généraliser dans les années à venir. 

Si le succès est le même que pour la sphère financière, la création de valeur promet d'être immense. 

mardi 22 décembre 2015

De quoi l'iPhone est-il le nom ?

Depuis sa création, le succès de l'iPhone ne se dément pas. Au contraire, depuis 2 ans il semble gagner du terrain face à la concurrence. Pourtant avec l'explosion d'Android et les ambitions de Samsung, nombreux étaient ceux qui prédisait la marginalisation inéluctable de l'engin. Trop cher, trop fermé, trop peu performant, les critiques pleuvaient, le déclin était inéluctable.

Mais l'iPhone n'est pas un simple appareil électronique. Ce n'est pas seulement pour la qualité de l'intégration entre hardware et software que tu l'achètes, ni pour son ergonomie. Quand tu y réfléchis, ce ne sont pas les raisons techniques (même valables) qui poussent à l'achat mais des raisons plus profondes. Tu veux acquérir une icône, porteuse d'un sens profond comme des centaines de millions de personnes de part le monde.

Car posséder un iPhone, c'est montrer son appartenance à un club, celui des classes supérieures intégrées à l'économie mondialisée. Mise en pratique de l'effet Veblen bien sûr car tu as avec l'achat d'un iPhone une part de snobisme. 

L'iPhone est un signe de ralliement, un moyen de se reconnaître entre égaux. Son succès montre si cela était nécessaire qu'il y a souvent plus de points communs entre les classes supérieures de Paris, Pékin ou New-York qu'entre les classes supérieures et populaires vivant à quelques kilomètres de distance. 

L'iPhone est le symbole moderne de la lutte des classes, un nouvel avatar de la lutte pour l'élévation sociale, comme le Coca ou le Levi's 501 en leur temps. 

L'iPhone, c'est le symbole des classes supérieures ou des classes moyennes qui se regardent avec envie le haut de la pyramide, un marqueur social incontournable pour toute personne souhaitant montrer qu'elle a réussi à s'insérer dans la mondialisation heureuse.

Tout cela justifie bien de dépenser un peu plus, non ? Le génie d'Apple c'est de l'avoir compris.

samedi 7 novembre 2015

Miroir aux alouettes ou des Unicorns

De temps en temps, tu tombes sur une parole sensée. C'est un post d'un entrepreneur remettant les choses à leur place (auteur également de l'incontournable Rework)

Dire merde aux histoires d'Unicorns, à la course à la taille, à la cavalerie financière, comme si entreprendre devait forcément avoir pour but de créer un Empire écrasant tous les Ewoks et les chatons mignons sur son passage. 

Créer ou développer une activité c'est proposer un produit ou un service correspondant aux besoins de certains personnes prêtes à payer un montant décent pour cela. Ni plus ni moins. 

Ce n'est pas chercher le coup financier mais construire une relation dans la durée avec des clients mais aussi des équipes qui t'accompagnent et qui te permettent de bâtir quelque chose de viable dont tu peux être fier.
Part of the problem seems to be that nobody these days is content to merely put their dent in the universe. No, they have to fucking own the universe. It’s not enough to be in the market, they have to dominate it. It’s not enough to serve customers, they have to capture them.
Voilà, tout est dit. 

lundi 2 novembre 2015

Fraude numérique

On te rebat les oreilles sur les mérites de l'économie numérique, sur sa supériorité intrinsèque par rapport à la vieille économie. Airb&b va écraser Hilton, Tesla va détruire GM, Amazon va tuer la FNAC. Peut-être tout cela va se réaliser. Mais pas forcément pour la bonne raison, c'est à dire par une qualité de service exceptionnelle. 

Non, si tu fais preuve de lucidité, la réussite des barbares du numérique repose sur des leviers moins glorieux :
- l'optimisation fiscale permettant de réduire les coûts, d'écraser les prix et les concurrents qui eux versent leur écot à l'Etat. Et n'oublie pas les revenus non déclarés de l'économie collaborative. Tu penses réellement que le type louant son studio via AirB&B ou te covoiturant via Blablacar déclare ce revenu complémentaire ?
- la fraude sociale : l'économie du partage repose sur une armée d'indépendants pas ou peu protégés, moins coûteux qu'un salarié classique. De quoi là aussi casser les prix sans effort, sans disruption particulière
- la destruction de capital sans espoir de retour sur investissement. Regarde les milliards engloutis par Tesla pour produire 50000 voitures par an. Pas loin de 8 milliards depuis 2009, tu ne penses pas que Peugeot ou Renault n'auraient pas pu aboutir au même résultat (excellent au demeurant) avec de tels moyens? 

Il n'y a rien de novateur dans cette économie numérique. Pour l'essentiel, tu as une stratégie de domination par les prix banale, reposant sur l'optimisation fiscale et sociale, permettant d'acheter les clients. A cela, tu ajoutes une optimisation du service bien sûr, rendue possible par l'injection massive de capitaux par des investisseurs ne recherchant pas de retour à court terme. Rien de frugal ici.

Pas de magie, pas de gourous géniaux, pas de miracle. Juste de l'optimisation fiscale et des capitaux injectés à perte. Voilà la réalité.

jeudi 22 octobre 2015

Smartphone detox

Tu es pendu à ton téléphone, tout le temps, sans échappatoire. Du lever au coucher, tu es ultra-connecté, toujours sur la brèche. Tu es un junkie, tu dois te désintoxiquer, te nettoyer la tête des conneries proférées sur les réseaux sociaux ou les sites d'info.

Tu as besoin d'une hygiène de vie. 

Alors donne toi une pause. Attends 30 minutes après ton lever pour regarder ton téléphone et arrête le 30 minutes avant de te coucher. Savoure un moment sans nuisances informationnelles. Prends un temps pour toi sans t'occuper d'autres virtuels dont tu contrefiches. 

Respecte-toi.

lundi 14 septembre 2015

Minimal website

Tu es fatigué de lire les sites Internet d'information, les blogs. Ce qu'ils sont devenus t’écœure. Ils sont lourds, lents, bourrés de pubs, de pop up, de couleurs criardes. Tu vois des boutons partout, des commentaires remplis de fadaises ou de haine. 

Tu ne comprends pas ces sites qui te pourrissent ton expérience en vendant des publicités inefficaces et intrusives. Les pires étant tous ces sites qui te proposent de t'inscrire à une newsletter avec un pop up te sautant au visage, histoire de pilonner régulièrement ta boîte mail à coups de publicités "ciblées". 

L'essentiel est perdu. Car ce qui importe pour ton lecteur c'est le contenu, les phrases que tu alignes sur l'écran. Tes lecteurs cherchent une analyse, une émotion, une compréhension du monde. Et surtout un ton.  

Alors je rêve d'un web minimal, où le contenu est mis au centre de la page web :
- Sans publicité
- Sans image qui clignote
- Sans tag ou catégorie arbitraire (laisse donc ton lecteur se perdre tout seul dans les méandres de ton site, joies de la sérendipité)
- Sans putain de pop up te sautant à la gorge pour te vendre un livre, une formation ou tout autre attrape-nigaud
- Sans commentaire (ils n'apportent plus rien désormais, pollués par les idiots et les frustrés). Si tu veux poursuivre la discussion, rendez-vous sur Twitter qui est parfait pour cela. EDIT : tu as changé d'avis, les commentaires sont de nouveaux ouverts ici. Voyons si tu avais tort il y a quelques mois...

Ce site est une modeste tentative, un exemple artisanal ce qu'un lecteur aime voir :
- Un titre simple
- Un texte mis en évidence
- Une police de caractère lisible
- Un lien vers les archives du site
- Un lien présentant le but de l'auteur

C'est tout. 

Avec un site minimal, tu te mets à la place de ton lecteur, tu le respectes. Tu offres une grande expérience de lecture, mettant en avant le contenu.

Tu verras alors que tes lecteurs te remercieront en devenant tes fidèles.

mardi 1 septembre 2015

Vanités digitales

Tu vois passer à longueur de temps des bribes de la vie des autres sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram... Tu observes ces vies étalées parfois avec complaisance : rires, sourires, vacances, instants de luxe, corps fermes et hâlés, jolies lumières, jolies toilettes. Tu les jalouses souvent tu sombres parfois dans la mélancolie devant ces vies géniales, ces vies rêvées. Surtout celle de ces puissants à qui tout semble réussir. 

Tu fantasmes sur des vies rêvées. Des vies embellies, augmentées, filtrées, Photoshopées où tout est mis en scène où seul le meilleur est conservé. Quelques moments privilégiés dans une semaine effaçant les moments pénibles ou sans intérêt. Tu te vautres dans le tout à l'ego.

Pour ne pas succomber aux vanités digitales, il te faut reprendre confiance dans ta vie, tes choix, tes envies. Apprendre à aimer ce que tu as, ce que tu fais avec tes moyens, tes capacités. Ta vie est unique et elle elle pleine de bons moments, de beaux souvenirs qui valent plus que ceux de la première starlette venue. Car ce sont les tiens. 

Ne te fais pas piéger par une compilation des meilleurs moments de la vie des autres, tout cela n'est qu'artifice, mise en scène, concentré de vie. Une vie c'est une alternance de bons moments, de peine avec entre les deux beaucoup de routine. La vie n'est pas un film. 


Souviens-toi de Truffaut dans la Nuit Américaine: "Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma."

Rien n'a changé, sauf le medium.


samedi 27 juin 2015

Suicide digital : retail aujourd'hui, banque demain

Un exemple vécu ce matin. Je vais à la FNAC pour retirer des billets de spectacles (le retrait en ligne était impossible bizarrement, sûrement le fait du producteur). 
 - Etape 1 : j'attends 5 minutes derrière une personne et au moment de passer la vendeuse me dit de me débrouiller à la borne derriere moi pour un simple retrait. Elle n'aurait pas pu me le dire tout de suite ? 
- Etape 2 : devant la borne ensuite, j'entre le numéro de commande retrouvé dans l'appli FNAC. Évidemment ça ne fonctionne pas. Je fouille alors dans mes mails et je vois qu'à la FNAC tu as deux numéros de commande : un sur ton mail et un sur ton application. Mais quel idiot a bien pu avoir une idée pareille ? 

Problème pour un acteur historique comme la FNAC, l'expérience digitale est également décevante : site laid et incompréhensible, applications instables, absence de recommandations personnalisées pertinentes... Rien d'étonnant ici, ce n'est pas l'ADN de la FNAC et elle ne sera jamais Amazon. Alors pourquoi ne pas essayer de se différencier par une expérience en magasin agreable ? Pourquoi ne pas donner envie de flâner dans les rayons, au lieu de réduire le choix ? Pourquoi ne pas proposer un conseil personnalisé et de qualité comme il y a 20 ans (les conseillers FNAC, c'était mieux avant) ? Peut-être parce que les dirigeants ont abandonné, voyant les magasins comme un boulet alors que ce réseau de magasins physiques est leur seule valeur ajoutée, permettant de dépasser une course aux prix perdue d'avance face aux pure players digitaux. Peut-être aussi parce que les dirigeants ne sont pas des commerçants et n'aiment pas le contact client...

La même histoire va bientôt se répéter pour les banques. Sur fond de réglementation plus contraignante autour du conseil en investissement, je pense notamment à MiFID 2, certains établissements envisagent tranquillement d'arrêter le conseil en investissement pour les petits clients. Ces clients seront routés vers le site web pour gérer leur épargne, le conseil étant réservé aux meilleurs clients.  Mettre en jachère les "petits" clients qui peuvent devenir grands demain, cesser de les conseiller alors que l'épargne est typiquement un produit qui se vend mais qui ne s'achète pas, voilà une riche idée. Dans le meilleur des cas, ces clients cesseront d'investir dans leur épargne financière, dans le pire des cas ils iront voir les banques en ligne moins chères. Car quand il n'y a plus de service, la différenciation ne peut se faire que par les prix et les réseaux de distribution traditionnels ne peuvent tout simplement pas lutter.

Capitulation en rase campagne encore, refus de se battre pour sauver son modèle face aux nouveaux acteurs du digital. Les réseaux bancaires ont pourtant les armes : la capacité de conseil de proximité, la pédagogie, l'écoute pour faciliter des choix complexes difficiles à effectuer seul face à son écran. Sur l'épargne, il y a moyen de créer des outils d'allocation d'actif reposant sur le profil de risque du client, ses objectifs d'épargne, permettant au conseiller d'apporter une réelle valeur ajoutée. En alliant la puissance des plateformes d'aide à la décision (regardons ce que font Wealthfront et ou Betterment aux Etats-Unis) au conseil de proximité, les banques de réseau ont encore la possibilité de sauver leurs parts de marché et de créer de la valeur pour leurs clients. 

La question est de savoir si elles croient encore en leur modèle.