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mardi 28 novembre 2017

Que cherche à contrôler le capitalisme numérique ? Comparaison avec les organisations passées

Les économies antiques et le féodalisme cherchaient à contrôler la terre
- Le capitalisme de l'ère industrielle voulait contrôler la matière 
- Le capitalisme de la société de consommation souhaite contrôler nos désirs 
- Qu'est-ce que cherche à contrôler le capitalisme à l'ère numérique ? Notre attention peut-être.

vendredi 20 octobre 2017

De la valeur économique des fans

Tu es toujours surpris de voir toute une frange de personnes vivre de leur petite entreprise. C'est un créatif, un désigner, un consultant, un marchand d'art mais il semble parfaitement vivre dans un secteur encombré. Récemment, tu es ainsi tombé sur un article décrivant l'intérieur de rêve de cette rédactrice d'un magazine de mode pointu. Comment fait-elle pour vivre d'un semestriel vendu au prix fort ? C'était un mystère pour toi.

Puis, tu as observé son activité sur les réseaux sociaux (indispensables pour construire une identité désormais), lu entre les lignes de son interview. Tu as alors compris qu'elle ne vendait pas un produit ou un service mais qu'elle fédérait une petite communauté de fans, prêts à la soutenir, prêts à acheter son magazine, prêts à acheter de la publicité. Tu sors du rapport économique rationnel, tu entres dans la sphère de l'affect. 

En y réfléchissant bien, toutes les élites mises en avant à longueur de pages et de reportages fonctionnent selon ce modèle. Elles construisent une communauté active, rassemblée  autour d'une personnalité à laquelle la communauté s'identifie. Ensuite, tout s'enchaîne comme par magie : les ventes se font sans effort tant que la communauté adhère à cette personnalité. 

Tout ceci ne fait que confirmer la pertinence de la théorie des 1000 fans. Tu n'as pas besoin d'être Neymar ou Gisèle, avoir des millions de fans n'a aucun intérêt. Il te suffit de créer une petite communauté fidèle de fans (ce ne sont pas de simples clients) pour vivre très confortablement. Regarde ces créateurs de mode, ces consultants, ces illustrateurs et j'en passe dont tu admires le style de vie. Leur force est d'avoir créé une marque personnelle puissante, désirable pour un noyau dur de fans. 

Pour cela il faut un ton, une identité claire et la capacité à générer un engagement de tes fans dans la durée. Facile non ?

vendredi 21 juillet 2017

Hype subventionnée

Tu observes avec ironie la hype autour des voitures électriques, la hausse continue des ventes qui permet également d'enrichir tout un écosystème de constructeurs de voitures, de batteries, de bornes de rechargement. On te vend la prise de conscience de l'urgence écologique, l'envie d'agir pour la planète de clients soucieux de l'avenir de leurs enfants.


Et puis tu vois que le Danemark réduit les subventions à l'achat de voitures électriques de manière drastique car tout ceci coûte tout de même fort cher. Et là patatras : les ventes s'effondrent, les représentants (volontiers libertariens, ô douce ironie) d'entreprises comme Tesla hurlent pour retrouver leurs généreuses subventions, la bulle éclate.

Comme souvent, ce marché en croissance n'existe que par le soutien de l'Etat, éliminez l'adrénaline des subventions et il ne reste plus grand chose. Alors au lieu de voir le seul succès d'entrepreneurs brillants créant des technologies avancées, n'oublie pas d'observer les lobbyistes efficaces qui bâtissent un empire subventionné par le contribuable. 



Nationalisation des pertes et privatisation des profits.

mardi 13 décembre 2016

Ne cherche pas l'utilité là où il n'y a que nécessité

Tu trouves de plus en plus de personnes s'interrogeant doctement sur l'utilité de tel travail ou de telle tâche. Elles remettent en cause l'utilité de certains métiers, se plaignent du manque de place accordée à des métiers ou des activités "utiles" tels qu'éduquer des enfants, prendre soin de personnes fragiles ou créer des œuvres d'art. 

Mais toutes ces considérations partent d'une incompréhension de de la notion d'utilité. Un moyen est utile pour arriver à une fin, un marteau est utile pour planter un clou. Plus prosaïquement, toute tâche pour laquelle quelqu'un est prêt à payer est par définition "utile" car créant de la valeur ajoutée pour quelqu'un (laissons de côté les questions de morale ici). 

A côté de cela, tu as toute une série de tâches et métiers qui n'ont pas de valeur ajoutée monnayable  mais qui sont nécessaires. Ici, tu retrouveras les services publics (santé, éducation...) payés par la collectivité, les emplois administratifs dans les entreprises (les fameux bullshit jobs), la conformité dans les banques et l'art bien sûr. Car rien n'est plus idiot que d'appeler à l'émergence d'un art utile. L'art est un inutile de droit, c'est une fin en soi et non un moyen, sauf lorsqu'il est détourné à des fins de propagande bien entendu. Mais est-ce encore de l'art d'ailleurs ?

C'est pour cela que tu te sens mal à l'aise avec ces personnes qui souhaitent vivre d'une activité nécessaire, souvent tout à fait louable mais sans aucune viabilité économique en te vantant leur "utilité". Ou comment tenter de travestir la définition de valeur ajoutée pour espérer vivre d'un rêve ou d'un loisir. Car n'oublie pas, certains jobs à la con ont une valeur ajoutée car ils trouvent des personnes prêtes à payer pour cela et certains emplois reconnus socialement doivent être subventionnés d'une manière ou d'une autre car personne n'est prêt à payer le prix réel du service.

Les lois de l'économie sont implacables. Dura lex, sed lex 

lundi 16 mai 2016

Du mépris des ambitions modestes

Tu tombes sur un article d'un editiorisliste anglais, nostalgique des années 70, des emplois stables et durables, des grandes entreprises nationales. Tu peux ne pas être d'accord bien sûr. 

Mais tu vois cet article partagé par des leaders d'opinion, représentants des élites mondialisés, écrasant de leur mépris les aspirations modestes des petites gens. Tu sais cette recherche passéiste et quasi-fasciste d'un peu de stabilité, d'un emploi décent et durable permettant d'acheter un petit logement, de fonder une famille. 

Oui ce projet de vie petit-bourgeois fait vomir tous les amateurs de start-up, de Digital et d'économie globalisée. Ils moquent ces classes moyennes condamnées et te vantent l'agilité, l'entreprenariat, le risque, la précarité. Ils te vendent un projet taillé sur-mesure pour eux, une vie de cadre supérieur sur-diplômé, de célibataire sans attache, d'aventurier apatride, d'élite disposant du bon capital social, économique ou culturel.

Ces gens méprisent 90% de la population dont tu as de grandes chances de faire partie. Et après ils s'étonnent de la montée de ces idiots de Trump ou de Le Pen. 

Que faire ?

samedi 20 février 2016

Passion au travail

On te rebat les oreilles sur la nécessité d'être passionné par ton travail. Il faut être enthousiaste, moteur, chercher le plaisir dans ton travail. 

Rappelle-toi alors que le mot passion vient du latin "passio" qui veut dire souffrir, supporter une affection. C'est la même racine latine qui est à l'origine du mot patience d'ailleurs.

Il n'y a rien de fun, rien de plaisant dans la passion. Il n'y a que de la patience et de l'effort. 

Enfin, tu noteras que le mot travail vient du latin tripalium, désignant un instrument de torture. De là à dire que chercher un travail passionnant revient à rechercher une double dose de souffrance...

dimanche 14 février 2016

Réutilisation d'actifs : de la finance à l'économie du partage

Depuis des dizaines d'années, la finance a mis au point des moyens de réutilisation des actifs que lui confient ses clients ou qu'elle possède en propre. Quelques exemples parmi d'autres :
- Les dépôts couvrent les crédits offerts à d'autres clients
- Les dépôts cash sont placés à court terme
- Les actifs sont prêtés contre intérêt à court, moyen ou long terme
- Les actifs sont offerts en collatéral pour couvrir le risque d'opérations, notamment sur les marchés dérivés

L'équation est simple : le plus les actifs tournent, le plus leur rentabilité augmente. 

Ce principe classique de la finance est depuis quelques années repris par l'économie du partage. Les Blablacar, Airbnb, Uber, Heetch et toutes les plateformes de partages reposent sur le même objectif : maximiser le taux d'utilisation d'actifs existants, partiellement ou non utilisés afin d'en améliorer la rentabilité. Ce principe finalement sain (qui a parlé de développement durable) ne fera que se généraliser dans les années à venir. 

Si le succès est le même que pour la sphère financière, la création de valeur promet d'être immense. 

mardi 9 février 2016

Epargne cherche investissements

Certains semblent oublier que le marché des capitaux, avant d'être un repaire de méchants spéculateurs, est le lieu où les besoins d'investissements rencontrent les capacités d'épargne. Beaucoup te prédisaient la mort des entreprises, des Etats et du petit cheval, écrasés par les dettes, sans prêteur prêt à financer. Raté.

Tout simplement parce que d'un côté les besoins d'investissement sont à la baisse (du moins pour le secteur privé), les capacités d'autofinancement meilleures que par le passé et que de l'autre les flux d'épargne n'ont jamais été aussi abondants avec l'émergence d'une classe moyenne partout dans le monde. Avec des stocks d'épargne bien plus élevés que les besoins, tu vas voir les rendements revus structurellement à la baisse et toutes les manipulations des banques centrales n'y changeront rien.

Voilà pourquoi les marchés action se sont si bien tenus avant la crise de janvier (crise exacerbée par un assèchement de la liquidité mais c'est un autre débat), voilà pourquoi tu vois le capital risque financer tout à n'importe quel prix. L'épargne cherche désespérément à être investie et tant pis si le couple rendement/risque s'avère douteux.

dimanche 17 janvier 2016

Le péril jaune : est-ce que l'on va tous mourir avec la baisse de la croissance chinoise ?

Tu lis la panique sur le ralentissement de la croissance chinoise qui devrait nous précipiter vers une fin atroce. Tu relis les chiffres en comparant 2008, 2010 et 2014. Car au-delà du taux de croissance, ce qui importe c'est le point de départ. 
- En 2008, le PIB était de 4500 milliards, avec un taux de croissance de 9,6%. Le PIB s'est donc accru de presque 400 milliards
- En 2010, le PIB était de 6000 milliards avec un taux de croissance de 10,6%. Le PIB s'est donc accru de 575 milliards
- En 2014, le PIB était de 10 350 milliards avec un taux de croissance de 7,3%. Le PIB s'est donc accru de plus de 700 milliards

Donc, même avec une croissance en ralentissement, la contribution de la Chine à la croissance mondiale reste importante, bien plus forte qu'il y a quelques années car on part d'une base de PIB plus élevée. 

Finalement, est-ce qu'il vaut mieux un pays avec une croissance de 10% sur une base de PIB de 100 ? Ou une croissance de 6% sur une base de PIB de 200 ? 

dimanche 6 décembre 2015

Langueur démocratique

Tu entends depuis quelques jours les pseudos progressistes t'expliquer que les élections sont un piège à cons.

Les progressistes t'affirment que Hollande est en passe de devenir un nouveau Pinochet (non rien) ou que la méchante austérité (dans un pays qui reste numéro 1 mondial des dépenses sociales) est en train de tuer le pays. 

Les progressistes rêvent d'une société où l'on rasera gratis, où les méchants ploutocrates rendront gorge et où les terroristes disparaîtront comme par enchantement (il suffit de ne plus venir les embêter dans leur bout de désert syrien d'abord). 

Les progressistes considèrent que la montée du FN n'est qu'un vote protestataire, un vote de pauvres, de beaufs, de paumés, de types manquant d'éducation. Car il faut être sacrément con pour voter FN, t'expliquent les sur-diplômés vivant dans des métropoles actives et intégrées à l'économie mondiale. Le mépris de classe (pour des types souvent de gauche, quelle ironie), l'envie de dissoudre le peuple (ce ramassis d'idiots), voilà de quoi se rassurer sur sa supériorité intrinsèque tu me diras.

Les progressistes t'expliquent enfin que la montée du FN n'est que le résultat des mesures liberticides votées depuis quelques mois après les attaques terroristes. Comme si l'électeur lambda en avait quelque chose à foutre des libertés publiques. Et oui mec, au-delà d'un cénacle d'experts et d'activistes, personne ne se pose de questions sur ce sujet. C'est sûrement dommageable pour la démocratie mais c'est comme ça. 

Les progressistes donneurs de leçons, tu sais quoi ils m'emmerdent. Ils sont aussi cons que les leaders politiques qui se traînent paresseusement de plateau télé en plateau télé depuis 20 ans. 

Car les progressistes et les défaits du soir ne veulent pas voir que le vote FN est un vote d'adhésion. Le FN sent et capte l'inquiétude de toute une frange de la population face à un monde qui se transforme trop vite :
- Les classes populaires et moyennes se précarisent à grande vitesse, les emplois autrefois sûrs peuvent désormais disparaître du jour au lendemain. Regarde les fermetures d'agences bancaires, l'agonie de fleurons comme Alcatel. Ce ne sont plus seulement les mineurs ou les ouvriers du textile qui sont menacés. Désormais, tout le monde peut et va y passer.
- Les gains de productivité permettent de se passer d'employés de plus en plus qualifiés, occupés pour beaucoup à faire des bullshit jobs. Tu penses sincèrement que beaucoup ne sont pas conscients que leur valeur ajoutée dans l'économie est proche de zéro ?
- L'angoisse est de plus en plus forte avec des zones entières qui se transforment en déserts économiques une fois la grande entreprise du coin partie. Voilà pourquoi le FN cartonne dans les zones péri-urbaines, car ce sont les zones les plus fragiles
- Enfin n'oublie pas la transformation des modes de vie, avec l'émergence côté pile d'une culture mondialisée dont les codes ont été créés par et pour les élites et côté face l'explosion des communautarisme de toutes sortes.

Tu as là les ingrédients pour une crise de panique générale. Nous y sommes et le FN version Philippot sait parfaitement surfer sur les angoisses légitimes (car bordel elles sont plus que légitimes) de tes concitoyens. Avec leur discours promettant stabilité et retour à l'âge d'or des trente glorieuses, ils ne peuvent que rallier les suffrages.

Tu vois le problème est plus simple que tu ne le crois. Le citoyen lambda a juste envie d'avoir un travail honnête, un environnement relativement stable, lui permettant de s'acheter un appartement ou une maison à crédit et d'élever correctement ses gosses. Rien de plus, rien de moins. Les élites politiques, culturelles, économiques ne veulent pas entendre cette demande trop simple pour être audible. C'est sûrement trop beauf, trop bas de plafond pour nos élites mondialisées. 

Les classes populaires et moyennes en voie de déclassement veulent juste pouvoir se projeter dans l'avenir, comprendre comment la technologie peut les aider au lieu de les menacer, s'intégrer un peu au village global sans renoncer totalement à leur singularité.. Offrir des perspectives, un chemin clair vers un semblant de stabilité, voilà ce que les citoyens veulent.

Alors à toi le progressiste d'offrir des perspectives simples pour les gens simples. Toi qui est si intelligent, qui nous écrase de ta supériorité tu devrais pouvoir y arriver. 



samedi 7 novembre 2015

Miroir aux alouettes ou des Unicorns

De temps en temps, tu tombes sur une parole sensée. C'est un post d'un entrepreneur remettant les choses à leur place (auteur également de l'incontournable Rework)

Dire merde aux histoires d'Unicorns, à la course à la taille, à la cavalerie financière, comme si entreprendre devait forcément avoir pour but de créer un Empire écrasant tous les Ewoks et les chatons mignons sur son passage. 

Créer ou développer une activité c'est proposer un produit ou un service correspondant aux besoins de certains personnes prêtes à payer un montant décent pour cela. Ni plus ni moins. 

Ce n'est pas chercher le coup financier mais construire une relation dans la durée avec des clients mais aussi des équipes qui t'accompagnent et qui te permettent de bâtir quelque chose de viable dont tu peux être fier.
Part of the problem seems to be that nobody these days is content to merely put their dent in the universe. No, they have to fucking own the universe. It’s not enough to be in the market, they have to dominate it. It’s not enough to serve customers, they have to capture them.
Voilà, tout est dit. 

lundi 2 novembre 2015

Fraude numérique

On te rebat les oreilles sur les mérites de l'économie numérique, sur sa supériorité intrinsèque par rapport à la vieille économie. Airb&b va écraser Hilton, Tesla va détruire GM, Amazon va tuer la FNAC. Peut-être tout cela va se réaliser. Mais pas forcément pour la bonne raison, c'est à dire par une qualité de service exceptionnelle. 

Non, si tu fais preuve de lucidité, la réussite des barbares du numérique repose sur des leviers moins glorieux :
- l'optimisation fiscale permettant de réduire les coûts, d'écraser les prix et les concurrents qui eux versent leur écot à l'Etat. Et n'oublie pas les revenus non déclarés de l'économie collaborative. Tu penses réellement que le type louant son studio via AirB&B ou te covoiturant via Blablacar déclare ce revenu complémentaire ?
- la fraude sociale : l'économie du partage repose sur une armée d'indépendants pas ou peu protégés, moins coûteux qu'un salarié classique. De quoi là aussi casser les prix sans effort, sans disruption particulière
- la destruction de capital sans espoir de retour sur investissement. Regarde les milliards engloutis par Tesla pour produire 50000 voitures par an. Pas loin de 8 milliards depuis 2009, tu ne penses pas que Peugeot ou Renault n'auraient pas pu aboutir au même résultat (excellent au demeurant) avec de tels moyens? 

Il n'y a rien de novateur dans cette économie numérique. Pour l'essentiel, tu as une stratégie de domination par les prix banale, reposant sur l'optimisation fiscale et sociale, permettant d'acheter les clients. A cela, tu ajoutes une optimisation du service bien sûr, rendue possible par l'injection massive de capitaux par des investisseurs ne recherchant pas de retour à court terme. Rien de frugal ici.

Pas de magie, pas de gourous géniaux, pas de miracle. Juste de l'optimisation fiscale et des capitaux injectés à perte. Voilà la réalité.

samedi 17 octobre 2015

Addiction salariée

Il existe une addiction bien plus forte et bien plus répandue que l'alcool ou le sucre.

C'est le salariat. 

samedi 26 septembre 2015

Déclassement

Il est bien plus douloureux de connaître la misère après avoir connu l'opulence que d'être dans la misère toute sa vie. 

Nous le savons tous. 

D'où ta peur panique du déclassement te poussant à toutes les compromissions. 

La première étant le salariat. 

jeudi 24 septembre 2015

Faste et pouvoir

Tu connais le secret des puissants, des stars et des starlettes ? C'est tout le decorum, la mise en scène autour d'eux. Tu les vois sur un podium, un événement mondin, avec leurs belles toilettes, entourés d'une suite de serviteurs et de suiveurs empressés. 

Tu imprimes cette image en toi, tu les imagines en toute occasion avec cette suite. Tu éprouves pour eux un respect naturel, les symboles du pouvoir et de la puissance créent le pouvoir et la puissance.

Finalement, rien n'a changé depuis les monarques absolus. Les mêmes trucs sont toujours à l'œuvre. 

samedi 5 septembre 2015

Rat race

La plupart des gens dépensent l'argent qu'ils n'ont pas pour acheter des chose dont ils n'ont pas besoin pour impressionner des personnes dont ils n'ont rien à faire. 

Fais-tu parti de ces gens ? Es-tu toi aussi un rat cherchant désespérément la sortie du labyrinthe ?

vendredi 28 août 2015

Du bon usage du clientélisme

Dans une organisation que ce soit une entreprise ou une administration, il existe un angle d'analyse incontournable : le clientélisme. Dans tout groupe humain, il existe la tentation du clientélisme : identifier un ou plusieurs groupes de personnes, gagner leurs faveurs en les "achetant", assoir son pouvoir en s'appuyant sur elles. 

Dis-toi que le clientélisme n'est pas une exception mais la règle : toute organisation repose sur ce genre d'arrangement, tout pouvoir s'achète d'une manière ou d'une autre. Bien entendu, la récompense n'est pas forcément pécuniaire, elle peut être symbolique : donner accès à des cercles de pseudo-pouvoir, offrir des miettes de responsabilités... 

Tu as bien entendu l'exemple de la vie politique où le jeu consiste à additionner les clientèles, à les flatter pour gagner la prochaine élection. Mais tu as également le même système dans une entreprise où les responsables s'assurent des bonnes grâces de telle équipe, tel manager avec quelques primes, quelques réunions stratégiques et autres douceurs. 

Corruption me diras-tu ? Je te répondrai jeu de pouvoir à observer, disséquer, retourner si tel est ton intérêt. Identifier les clientèles et ceux qui les utilisent t'offre un instantané des relations de pouvoir et des rapports de force. C'est le moyen de plus simple de comprendre l'organisation dans laquelle tu évolues. Avant de la faire évoluer peut-être...

dimanche 12 juillet 2015

Crise de la dette : crédit ou usure ?

Tu regardes la tragi-comédie autour de la Grece, plus proche de la Telenovela bas de gamme que de Sophocle. Tout cela pour la dette, honteuse selon certains, engagement indépassable selon d'autre. Cette histoire finalement, c'est le procès de la dette et de sa mutation. 

Si tu es lucide, tu vois bien que la croissance économique repose depuis 40 ans sur la hausse continue de la dette publique ou privée. La dette est redevenue centrale car sa nature a changé :
- Auparavant la dette servait à financer l'avenir, l'investissement. Aujourd'hui, la dette finance de plus en plus notre incapacité à équilibrer dépenses et recettes. Cela vaut d'ailleurs pour les entreprises, les particuliers ou les États
- Le crédit abondant et à taux raisonnable a permis de s'abandonner à la facilité de la dette et du consumérisme. Pourquoi épargner, pourquoi se priver quand on m'offre sans problème crédit ? 
- L'inflation ne permet plus comme durant les 30 glorieuses de payer ses dettes sans douleur. Souviens toi de ceux qui ont payé leur logement sans problème grace a une inflation de plus de 5% par an 

La dette est normalement un acte de foi dans l'avenir, la matérialisation de la confiance dans la réussite de l'emprunteur. Mais quand la dette ne fait que couvrir les errements du passé, alors elle n'est plus qu'un lien négatif de coercition entre le créditeur et le débiteur, le créditeur devenant celui qui peut "couper les vivres". On passe alors dans une relation de défiance qui se rapproche de l'usure. 

Credit vient du latin credo qui veut dire confiance quand usure vient du latin usura qui veut dire se utiliser Passer de la confiance au simple "usage", voilà qui résume assez bien l'évolution de notre rapport à la dette et au crédit. La banalisation du crédit, devenu la norme, son utilisation pour couvrir les dépenses du quotidien, la dependance du débiteur pour son "dealer" de crédit, tout cela fait penser à l'usure, les taux d'intérêt abusifs en moins. C'est peut être cela qui nous empêche de comprendre cette mutation capitale de notre rapport à la dette.

samedi 4 juillet 2015

Moyen, moyenne : espèces menacées

Le moyen, le juste milieu est menacé, il crève devant tes yeux. Il y a peu encore il existait une zone moyenne qui rassemblait l'essentiel de ton monde : classe moyenne, partis politiques modérés, produits de grandes marques... Le monde était construit autour d'une grande zone moyenne avec des extrêmes de taille réduite à chaque bout. C'était confortable, rassurant, tu pouvais t'intégrer sans peine. Mais ça c'était avant. 

Désormais, les zones extrêmes dévorent la zone du milieu, changeant totalement ta vision du monde. Dans l'automobile les marques de luxe cartonnent, les voitures low cost aussi et tant pis pour les constructeurs grand public comme Ford, Opel ou Renault. Dans le transport aérien même chose : le low cost dévore le bas de gamme tandis que les compagnies du Golfe gagnent la clientèle affaire et tant pis pour Air France. Socialement, les classes moyennes s'étiolent, politiquement les extrêmes son au plus haut. Demain d'autres domaines connaîtront le même sort : la banque et l'asset management, le logement... 

La lame de fond est là, le vieux monde s'effondre et se polarise autour d'extrêmes plus simples, plus clairs, plus tranchés. Ces extrêmes sociaux, politiques ou de consommation t'obligent à choisir son camp, à refuser le consensus mou mais aussi la nuance. 

Choisis ton camp camarade, choisi ton extrême, voilà l'injonction du moment. 


samedi 27 juin 2015

Suicide digital : retail aujourd'hui, banque demain

Un exemple vécu ce matin. Je vais à la FNAC pour retirer des billets de spectacles (le retrait en ligne était impossible bizarrement, sûrement le fait du producteur). 
 - Etape 1 : j'attends 5 minutes derrière une personne et au moment de passer la vendeuse me dit de me débrouiller à la borne derriere moi pour un simple retrait. Elle n'aurait pas pu me le dire tout de suite ? 
- Etape 2 : devant la borne ensuite, j'entre le numéro de commande retrouvé dans l'appli FNAC. Évidemment ça ne fonctionne pas. Je fouille alors dans mes mails et je vois qu'à la FNAC tu as deux numéros de commande : un sur ton mail et un sur ton application. Mais quel idiot a bien pu avoir une idée pareille ? 

Problème pour un acteur historique comme la FNAC, l'expérience digitale est également décevante : site laid et incompréhensible, applications instables, absence de recommandations personnalisées pertinentes... Rien d'étonnant ici, ce n'est pas l'ADN de la FNAC et elle ne sera jamais Amazon. Alors pourquoi ne pas essayer de se différencier par une expérience en magasin agreable ? Pourquoi ne pas donner envie de flâner dans les rayons, au lieu de réduire le choix ? Pourquoi ne pas proposer un conseil personnalisé et de qualité comme il y a 20 ans (les conseillers FNAC, c'était mieux avant) ? Peut-être parce que les dirigeants ont abandonné, voyant les magasins comme un boulet alors que ce réseau de magasins physiques est leur seule valeur ajoutée, permettant de dépasser une course aux prix perdue d'avance face aux pure players digitaux. Peut-être aussi parce que les dirigeants ne sont pas des commerçants et n'aiment pas le contact client...

La même histoire va bientôt se répéter pour les banques. Sur fond de réglementation plus contraignante autour du conseil en investissement, je pense notamment à MiFID 2, certains établissements envisagent tranquillement d'arrêter le conseil en investissement pour les petits clients. Ces clients seront routés vers le site web pour gérer leur épargne, le conseil étant réservé aux meilleurs clients.  Mettre en jachère les "petits" clients qui peuvent devenir grands demain, cesser de les conseiller alors que l'épargne est typiquement un produit qui se vend mais qui ne s'achète pas, voilà une riche idée. Dans le meilleur des cas, ces clients cesseront d'investir dans leur épargne financière, dans le pire des cas ils iront voir les banques en ligne moins chères. Car quand il n'y a plus de service, la différenciation ne peut se faire que par les prix et les réseaux de distribution traditionnels ne peuvent tout simplement pas lutter.

Capitulation en rase campagne encore, refus de se battre pour sauver son modèle face aux nouveaux acteurs du digital. Les réseaux bancaires ont pourtant les armes : la capacité de conseil de proximité, la pédagogie, l'écoute pour faciliter des choix complexes difficiles à effectuer seul face à son écran. Sur l'épargne, il y a moyen de créer des outils d'allocation d'actif reposant sur le profil de risque du client, ses objectifs d'épargne, permettant au conseiller d'apporter une réelle valeur ajoutée. En alliant la puissance des plateformes d'aide à la décision (regardons ce que font Wealthfront et ou Betterment aux Etats-Unis) au conseil de proximité, les banques de réseau ont encore la possibilité de sauver leurs parts de marché et de créer de la valeur pour leurs clients. 

La question est de savoir si elles croient encore en leur modèle.