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vendredi 22 juillet 2016

Recettes miracles

Toi aussi tu en as plus qu'assez de lire des articles t'expliquant les 10 trucs pour réussir ou les 5 façons de perdre du poids ? Tes yeux saignent devant ces super formations ou ces super méthodes qui je-te-jure-sur-la-vie-de-ma-mère te rendront beau, riche, musclé et intelligent en 6 semaines ? 

Alors cesse de croire aux recettes miracles et aux martingales. Si elles existaient, penses-tu que l'on continuerait à se faire chier à bosser, à faire du sport sans résultat ou à investir sans certitude de rendement ? Réveille-toi, la vie est difficile, imprévisible, compliquée pour tout le monde. 

Commence par assumer ce que tu aimes, tente de trouver un équilibre précaire entre les injonctions contradictoires que tu dois gérer au quotidien. C'est un bon début.

lundi 25 janvier 2016

Classement des talents : triomphe du faire savoir sur le savoir-faire

Tu tombes par hasard sur un classement des 30 under 30 européen publié par Forbes et dont l'objectif est de désigner les plus grands talents actuels en Europe. Le principe est évidemment subjectif mais tu te plonges  paresseusement dans le classement à la recherche de noms connus. 

Les hasards de la vie font que tu tombes sur le nom d'une personne que tu connais très bien ce qui a pour résultat de te faire hurler de rire. Comment diable cette personne peut-elle se retrouver dans la liste ? Quelles sont ses réalisations concrètes, son impact réel pour l'économie ou la société, ses idées révolutionnaires ? Tu sais qu'il n'y a là que personal branding, com maline et pitch ciselé sur un sujet à la mode. En un mot, c'est une fraude. Tu te dis surtout que tout le classement doit être à l'avenant et tu refermes ton journal. 

En soi, ce classement est représentatif de l'époque. Là où n'importe quel jeune médecin, pompier, policier, chercheur  (liste non exhaustive) fait 1000 fois plus pour la société, tu te retrouves avec un classement récompensant les plus habiles dans leur marketing personnel. 

C'est la confirmation du triompje du faire savoir sur le faire, de la vanité sur les réalisations concrètes. Triste époque.


dimanche 24 janvier 2016

Quand l'expert tua l'intellectuel

L'intellectuel, surtout en France, était il y a peu encore la grande figure médiatique. Désormais tu ne voies plus que des experts hanter les plateaux de télévision.

L'expert c'est le technicien, specialiste de son petit sujet mais incapable de le mettre en perspective, d'avoir une vision critique. C'est le professionnel qui sait comment faire. 

L'intellectuel c'est le spécialiste de rien mais néanmoins suffisamment agile pour identifier les paradoxes et tenter d'ouvrir des perspectives neuves. C'est l'amateur qui tentera d'expliquer le pourquoi.

Aujourd'hui, seul les moyens comptent, peu importe la fin. Voilà pourquoi les experts dont tu fais parti triomphent. Voilà pourquoi cette époque est d'un cynisme total.

mardi 22 décembre 2015

De quoi l'iPhone est-il le nom ?

Depuis sa création, le succès de l'iPhone ne se dément pas. Au contraire, depuis 2 ans il semble gagner du terrain face à la concurrence. Pourtant avec l'explosion d'Android et les ambitions de Samsung, nombreux étaient ceux qui prédisait la marginalisation inéluctable de l'engin. Trop cher, trop fermé, trop peu performant, les critiques pleuvaient, le déclin était inéluctable.

Mais l'iPhone n'est pas un simple appareil électronique. Ce n'est pas seulement pour la qualité de l'intégration entre hardware et software que tu l'achètes, ni pour son ergonomie. Quand tu y réfléchis, ce ne sont pas les raisons techniques (même valables) qui poussent à l'achat mais des raisons plus profondes. Tu veux acquérir une icône, porteuse d'un sens profond comme des centaines de millions de personnes de part le monde.

Car posséder un iPhone, c'est montrer son appartenance à un club, celui des classes supérieures intégrées à l'économie mondialisée. Mise en pratique de l'effet Veblen bien sûr car tu as avec l'achat d'un iPhone une part de snobisme. 

L'iPhone est un signe de ralliement, un moyen de se reconnaître entre égaux. Son succès montre si cela était nécessaire qu'il y a souvent plus de points communs entre les classes supérieures de Paris, Pékin ou New-York qu'entre les classes supérieures et populaires vivant à quelques kilomètres de distance. 

L'iPhone est le symbole moderne de la lutte des classes, un nouvel avatar de la lutte pour l'élévation sociale, comme le Coca ou le Levi's 501 en leur temps. 

L'iPhone, c'est le symbole des classes supérieures ou des classes moyennes qui se regardent avec envie le haut de la pyramide, un marqueur social incontournable pour toute personne souhaitant montrer qu'elle a réussi à s'insérer dans la mondialisation heureuse.

Tout cela justifie bien de dépenser un peu plus, non ? Le génie d'Apple c'est de l'avoir compris.

dimanche 20 décembre 2015

Mythes fondateurs

Toute idéologie, tout parcours personnel repose sur des mythes fondateurs. Tu pars d'un événement passé, marquant et tu simplifies. Mais pas n'importe comment, tu simplifies en reconstruisant le récit dans un sens flatteur. Cette histoire reconstruite, éclairée sous son meilleur jour permet ensuite de justifier a posteriori un parcours, des choix, un statut. 

Regarde comment les soviets ont transformé le coup d'état d'octobre 1917 en révolution populaire.

Vois comment l'EI créée de toutes pièces un califat mythifié pour mieux justifier sa stratégie. 

Repense aussi à tous ces dirigeants qui réinterprétent leur parcours personnel, faisant de leur passé un parcours semé d'embûches et d'épreuves surhumaines (souviens-toi de Nicolas Sarkozy se présentant en petit chose). Le passage par les meilleures écoles, les débuts sur le terrain... L'histoire est souvent la même. Ils se gardent bien de dire le milieu aisé, les parents issus des classes intellectuelles supérieures. Tout cela ne collerait pas avec le récit de l'ambitieux se construisant à la seule force du poignet. 

N'oublie jamais la force de ces mythes fondateurs et leurs artifices. Écoute, detecte la part d'embellissement et tente de discerner la Vérité sans fard.

Et toi quels sont tes mythes fondateurs ?

vendredi 18 décembre 2015

Enfants gâtés

Tu entends tous ces cadres, tous ces titulaires de bullshit jobs se plaindre. 

Certains pauvres petits mignons s'ennuient dans leur travail comme si le travail devait être le seul moyen de donner un sens à leur vie minable. 

D'autres ne gagnent jamais assez d'argent, sans penser que d'autres plus intelligents s'en sortent avec beaucoup moins. Ceux là ne remettront jamais en cause leurs comportement de consommation, leurs dépenses dans des produits de marque qui ne valent rien (coucou Kooples ou Zadig  et Voltaire)  dans des "expériences" vaines (comme voyager à l'autre bout du monde sans comprendre de ce qu'ils voient).

Enfin, tu as aussi ceux qui trouvent leur travail de bureau tranquille pénible, insupportable, usant. Ce sont les pires. Que ceux-là aillent vider des poulets dans un abattoir, histoire de comprendre ce qu'est la pénibilité.

Tu me diras, toutes ces pleureuses sont à bonne école. Tu vois écoeuré ces élites médiatiques se répandre sur leurs petites contrariétés, leurs peines de cœur, leurs tracas d'élites repues. 

Tous ces gens ont perdu tout sens de la décence, tout sens du respect pour les humbles.

Cette époque doloriste est insupportable.

lundi 2 novembre 2015

Fraude numérique

On te rebat les oreilles sur les mérites de l'économie numérique, sur sa supériorité intrinsèque par rapport à la vieille économie. Airb&b va écraser Hilton, Tesla va détruire GM, Amazon va tuer la FNAC. Peut-être tout cela va se réaliser. Mais pas forcément pour la bonne raison, c'est à dire par une qualité de service exceptionnelle. 

Non, si tu fais preuve de lucidité, la réussite des barbares du numérique repose sur des leviers moins glorieux :
- l'optimisation fiscale permettant de réduire les coûts, d'écraser les prix et les concurrents qui eux versent leur écot à l'Etat. Et n'oublie pas les revenus non déclarés de l'économie collaborative. Tu penses réellement que le type louant son studio via AirB&B ou te covoiturant via Blablacar déclare ce revenu complémentaire ?
- la fraude sociale : l'économie du partage repose sur une armée d'indépendants pas ou peu protégés, moins coûteux qu'un salarié classique. De quoi là aussi casser les prix sans effort, sans disruption particulière
- la destruction de capital sans espoir de retour sur investissement. Regarde les milliards engloutis par Tesla pour produire 50000 voitures par an. Pas loin de 8 milliards depuis 2009, tu ne penses pas que Peugeot ou Renault n'auraient pas pu aboutir au même résultat (excellent au demeurant) avec de tels moyens? 

Il n'y a rien de novateur dans cette économie numérique. Pour l'essentiel, tu as une stratégie de domination par les prix banale, reposant sur l'optimisation fiscale et sociale, permettant d'acheter les clients. A cela, tu ajoutes une optimisation du service bien sûr, rendue possible par l'injection massive de capitaux par des investisseurs ne recherchant pas de retour à court terme. Rien de frugal ici.

Pas de magie, pas de gourous géniaux, pas de miracle. Juste de l'optimisation fiscale et des capitaux injectés à perte. Voilà la réalité.

vendredi 23 octobre 2015

Précieuses ridicules

Tu observes consterné ces personnes qui affichent leur vie avec complaisance à la télévision, dans les journaux, sur les réseaux sociaux. Tu les voies étaler avec complaisance leurs tourments, leurs petites contrariétés, leur décoration d'intérieur. 

Tu regardes ébahi la litanie des intérieurs chinés vintage mais modernes, les bons sentiments et la générosité de façade. Tu ris mais tu pourrais tout autant pleurer devant ces vies scénarisées, raisonnablement rebelles (la rébellion comme valeur, on rêve), d'un conformisme de plomb. 

Tu préfères t'en tenir aux principes anciens. Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit. 

lundi 28 septembre 2015

Au-delà de la curiosité

La curiosité est bien souvent vanité. Pourquoi aller à la découverte du monde sans en parler aux autres ou partager ses photos sur les réseaux sociaux ? Pourquoi apprendre à jouer d'un instrument de musique sans montrer son nouveau talent à ses proches ? 

L'envie de découvrir s'accompagne de l'envie de partager pour satisfaire aussi son ego. Ce site en est un exemple, je ne suis pas dupe rassure-toi. 

La curiosité n'est pas la sagesse. Mais c'est le début de quelque chose. 

lundi 7 septembre 2015

Vanité

Il n'y a pas de vanité intelligente disait Celine. 

L'intelligence est humilité.