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jeudi 25 mai 2017

La génération Z est-elle fainéante ?

Tu tombes encore une fois sur l'un de ces posts LinkedIn creux et prétentieux, confirmant le néant abyssal du contenu diffusé sur cette plateforme, dès que l'on sort des sujets dits techniques.

Donc, un père propose à son fils de 12 ans un peu d'argent pour passer l'aspirateur. Au bout de 3 minutes, l'enfant rend l'argent et stoppe son labeur en expliquant que ce travail est bien trop ennuyeux. Tu as le droit ensuite à une conclusion du père d'une imbécillité sidérante sur la nécessité impérieuse de s'adapter à la génération Z, capable de refuser un travail si il est ennuyeux. Rappelons que :
- Certains enfants dans la même situation auraient fini le travail par respect pour la parole donnée, d'autres auraient refusé tout de suite, sans parler de ceux qui auraient même accepté sans demander de rémunération. 
- L'expérience est biaisée puisqu'il n'existe aucune incitation majeure pour faire le travail : le petit garçon n'a pas de charges à payer, pas de clients à satisfaire. 
- Conclure ceci est exprimer de manière totalement décontractée son mépris des métiers ennuyeux que nous sommes bien heureux de voir pourvus : agent d'entretien, ouvrier en usine, ouvrier agricole...
- Surtout les généralités grotesques à partir de cas isolés sont à proscrire, définitivement. 

Pourtant ce type de généralisation à partir de quelques cas isolés ou d'expériences spécifiques biaisées semble devenir le fondement des réflexions et analyses de nombreuses personnes. Partir d'un cas isolé pour en déduire une généralité, voilà une expression souriante de la misère de la pensée actuelle. 

lundi 15 mai 2017

Et toi quelle est ta tribu ?

Tu entends parler de communautarisme, de groupes humains se renfermant dans leur propre logique autiste (partisans de Trump contre progressistes, politiques contre journalistes...). Certains te parlent d'une évolution malsaine, d'une société malade.

Alors que les haines recuites entre groupes humains ont toujours existé. Souviens-toi des oppositions entre noblesse et bourgeoisie, royalistes et républicains, communistes et conservateurs, ouvriers et cadres et j'en passe. Nous ne faisons que prolonger la longue histoire des haines entre les hommes, en version numérique avec les réseaux sociaux comme caisse de résonance. 

Car toi aussi tu appartiens à une ou plusieurs tribus de pensée que tu le veuilles ou non. Tu te retrouves à suivre sans même y réfléchir les codes et croyances d'un groupe donné par confort, habitude ou simple besoin d'appartenir à un groupe de congénères que tu respectes. Voilà une servitude volontaire, bien plus puissante que la force des baïonnettes.  

Alors au lieu de te plaindre des fractures de la société ou de la bêtise d'un groupe de personne, essaie de comprendre pourquoi tu appartiens à telle ou telle tribu. 

mercredi 26 avril 2017

Misère du storytelling

A l'ère de la post-vérité, quand les mots n'ont plus de sens, quand l'environnement extérieur ressemble de plus en plus à une dystopie cauchemardesque, le storytelling règne désormais en maître. 

L'important n'est ni la sincérité de l'intention et encore moins la vérité. Non, l'objectif est de construire une histoire captivante, permettant de vendre un produit ou une idéologie. Alors tous les moyens sont bons, toutes les ficelles des meilleures séries sont mobilisées, l'important est de convaincre. Tu te retrouves avec une bouillie de mots abâtardis, une syntaxe affligeante de pauvreté, des messages caricaturaux déversés à grand bouillon.

Mais tu le constates autour de toi, l'efficacité du storytelling est effrayante.

En faisant appel à nos émotions plus ou moins inavouables, à nos peurs et rancœurs secrètes en des termes très simples, ces récits parfaitement ciselés laissent une marque indélébiles dans ton esprit. Et annihilent ta raison en appauvrissant de manière consciente le langage.

"La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu’en l’année 2050 au plus tard, il n’y aura pas un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ?" 1984, George Orwell

samedi 17 décembre 2016

Réseaux sociaux et vol de ton temps

Tu tombes sur un article pour une fois lucide sur le piratage de ton temps libre par les réseaux sociaux. Un "repenti" t'explique donc que les géants du web déploient toutes une série de techniques de manipulation pour te faire rester le plus longtemps possible sur leurs sites. 

Rien de nouveau me diras-tu mais ceci doit te faire prendre conscience d'une chose : face à une stratégie bien rodée, tu dois mettre en oeuvre un certain nombre de mesures préventives pour te protéger. Car jamais tu ne pourras être capable de résister à l'attrait des réseaux sociaux, les techniques de manipulation déployées sont trop élaborées. 

Pour ne plus te faire voler ton temps, tu peux tenter ces quelques méthodes testées et approuvées :
- Supprimer les applications de ton téléphone
- Mettre les icônes des réseaux sur la deuxième ou la troisième page de ton écran, loin des yeux loin du coeur
- Cesser de nourrir des discussions sans fin et sans intérêt (on ne débat pas du burkini non) qui te bouffent ton temps
- Réapprendre à lire et à écrire pour toi

vendredi 9 décembre 2016

La vérité c'est le mensonge

Les opinions modérées, étayées, vérifiées sont jetées aux orties, les provocateurs et bonimenteurs sont en train de gagner la partie.

Regarde la victoire du Brexit où les mensonges de certains ont permis d'emporter la mise, observe le succès indéniable d'un Trump, la libération d'une parole extrême partout.

Tout ceci est rendu possible par la mutation de la transmission de l'information. Désormais, il n'y a rien de plus simple que de créer un blog alimenté par quelques personnes motivées. Si tu ajoutes à cela la caisse de résonance des réseaux sociaux pour diffuser viralement tout et n'importe quoi et les algorithmes de Facebook te servant complaisamment tes opinions préconçues (joli biais de confirmation d'ailleurs), tu ne peux être étonné par cette fragmentation de l'opinion. 

Là où la télévision était un média totalisant, créant une opinion normée et unique, Internet facilite au contraire la fragmentation de la société autour de chapelles diverses. Là où la télévision était une fenêtre sur le monde, l'expression d'une "common decency" (ou d'une pensée unique parfois), Internet offre un moyen d'expression à toutes les tribus, à tous les extrêmes aussi. De manière assez ironique là où la télévision a accompagné la mondialisation, Internet pourrait très bien accompagner une démondialistion caractérisée par un repli sur soi.

Alors que faire pour essayer de trouver et promouvoir quelques vérités ? 
- Tout d'abord, se déconnecter du bruit des actualités sur les réseaux sociaux : pas filter non, mais bien tout couper. Personne ne mérite ce flux continu de trolls, rumeurs et opinions vaseuses. 
Ensuite, force toi à être asynchrone, refuse de lire les contenus putassiers construits pour flatter tes bas instincts ou répondre à l'actualité de manière précipitée 
- Enfin, refuse le triomphe de la bêtise et tente d'écrire toi aussi. Oui, crée toi aussi ton espace personnel seul ou avec d'autres. Recueille tes idées, tes pensées à la volée, tente de comprendre et de décrire ce que tu vois et ce que tu ressens avec tes mots. Les idiots et les trolls ne doivent pas avoir le monopole de l'expression publique.

Même si nous sommes entrés dans l'ère de la post-vérité, rien ne t'empêche de résister, même de manière dérisoire. 


mercredi 16 novembre 2016

Pourquoi les trolls ont gagné

Tu observes le tombereau d’immondices déversés désormais sur Facebook, Twitter et dans les commentaires des sites d'information. Les opinions les plus basses, les plus viles, les plus stupides se répandent, prennent leurs aises, emportent tout sur leur passage. Il ne reste plus désormais que les combats entre extrémistes, l'invective, l'injure contre les modérés. 

Alors tu as pris tes distances de ce cloaque comme toutes les personnes sensées. 

C'est une nouvelle fois la preuve que les extrémistes gagnent toujours face aux modérés. Tant que la vie quotidienne des modérés n'est pas affectée de manière importante, les extrémistes arrivent toujours à imposer leurs vues car ils sont plus motivés, plus constants dans leurs vociférations. Ils lassent les modérés qui ont mieux à faire que perdre leur temps face à des abrutis et gagnent par abandon.

Les trolls ont ainsi réussi à confisquer le débat public, à détruire les espaces de discussion en ligne. Voilà qui n'augure rien de bon à l'aube d'échéances électorales majeures

samedi 8 octobre 2016

Photo sans filtre

Quand tu prends une photo, même sur Instragram, tu refuses les filtres, les effets qui rendent ton image jolie, parfaite, reproductible. Tu aimes cette lumière moyenne, cette ombre disgracieuse, ce portrait plein de jolies imperfections. 

Toute la singularité du souvenir est là. Tu es démodé, tu le sais. 

Non, l'heure est à l'image ripolinée, parfaite, mise en scène, glossy, sexy, shiny. Tu vois même apparaître des filtres avec un algorithme qui corrige la forme du visage ou la taille des yeux, histoire de créer un double parfait de tes proches et de toi-même.

Pourquoi cette recherche mortifère du parfait (seul le vide est parfait) alors que la vie est l'expression même de l'imperfection et du hasard ?

jeudi 18 août 2016

Montaigne sur Facebook

Gusdorf dit : « toute vie, y compris la plus simple, est vécue sur le mode du roman, le roman que chacun se raconte à soi-même et de sa propre vie, dans la joie ou dans la peine ».

Mieux, c'est en écrivant son propre roman, en créant ton personnage "public" que tu apprends à te connaître et à construire ta personnalité. Les réseaux sociaux, les mises en scène qu'ils autorisent sont désormais essentiels dans la construction d'une identité. 

Tu dois donc sortir des lieux communs sur le côté purement artificiel des réseaux sociaux. Rien n'est vrai, tout n'est qu'artifice dis-tu. Pourtant rien n'est plus faux. 

Tu mets bien entendu en avant tel ou tel aspect de ta personnalité sur Facebook ou Instagram mais ce que tu es n'est jamais à l'opposé de ce que tu montres. Au contraire, tu donnes à voir la quintessence de ton être, de manière plus ou moins consciente, plus ou moins habile. La modeuse sur Instagram ne triche pas, elle se dévoile réellement. Ne te laisse pas éblouir par sa parfaite maîtrise de l'outil, sa mise en scène est sincère. 

C'est en cela que les réseaux sociaux t'aident dans la construction de ton identité. Ils te permettent de faire le tri, de montrer qui tu es dans le fond. Comme l'écriture et la lecture rétrospective d'un journal intime t'aident à mesurer le chemin parcouru et à mieux te connaître. 

Finalement, Montaigne n'est pas si loin quand tu postes tes photos sur Facebook...

samedi 13 août 2016

Retour de la figuration : un besoin de corps charnel ?

On observe dans l'art contemporain un retour à la représentation figurative

Est-ce que cela doit être lié à l'explosion des réseaux sociaux, à la mise en scène permanente des ego et des corps sur Facebook ou Instagram ? 

Après des années d'abstraction, de rejet des corps dans les arts plastiques, ne revient-on pas à un besoin de chair, d'enracinement, de corps avec toutes leurs imperfections ? Ou au contraire, ce besoin de corps charnel n'est-il pas trompeur ? Après tout, le corps est représenté par le biais d'un idéal, de représentations sans lien avec la réalité (Retour à l'abstraction en sorte). 

As-tu la réponse ?


lundi 28 décembre 2015

Commérages

Les réseaux sociaux ne sont que la version modernisée des ragots colportés par les commères du village. 

Rien de nouveau sous le soleil, nous restons passionnés par l'observation des petits et grands travers de nos contemporains. 

Peut-être que se comparer aux autres et connaître leurs turpitudes permet de nous rassurer sur notre valeur. 

"Quand je me juge je me déteste mais quand je me compare..." disait Oscar Wilde. Visiblement, c'est toujours d'actualité.

vendredi 23 octobre 2015

Précieuses ridicules

Tu observes consterné ces personnes qui affichent leur vie avec complaisance à la télévision, dans les journaux, sur les réseaux sociaux. Tu les voies étaler avec complaisance leurs tourments, leurs petites contrariétés, leur décoration d'intérieur. 

Tu regardes ébahi la litanie des intérieurs chinés vintage mais modernes, les bons sentiments et la générosité de façade. Tu ris mais tu pourrais tout autant pleurer devant ces vies scénarisées, raisonnablement rebelles (la rébellion comme valeur, on rêve), d'un conformisme de plomb. 

Tu préfères t'en tenir aux principes anciens. Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit. 

jeudi 22 octobre 2015

Smartphone detox

Tu es pendu à ton téléphone, tout le temps, sans échappatoire. Du lever au coucher, tu es ultra-connecté, toujours sur la brèche. Tu es un junkie, tu dois te désintoxiquer, te nettoyer la tête des conneries proférées sur les réseaux sociaux ou les sites d'info.

Tu as besoin d'une hygiène de vie. 

Alors donne toi une pause. Attends 30 minutes après ton lever pour regarder ton téléphone et arrête le 30 minutes avant de te coucher. Savoure un moment sans nuisances informationnelles. Prends un temps pour toi sans t'occuper d'autres virtuels dont tu contrefiches. 

Respecte-toi.

mardi 1 septembre 2015

Vanités digitales

Tu vois passer à longueur de temps des bribes de la vie des autres sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram... Tu observes ces vies étalées parfois avec complaisance : rires, sourires, vacances, instants de luxe, corps fermes et hâlés, jolies lumières, jolies toilettes. Tu les jalouses souvent tu sombres parfois dans la mélancolie devant ces vies géniales, ces vies rêvées. Surtout celle de ces puissants à qui tout semble réussir. 

Tu fantasmes sur des vies rêvées. Des vies embellies, augmentées, filtrées, Photoshopées où tout est mis en scène où seul le meilleur est conservé. Quelques moments privilégiés dans une semaine effaçant les moments pénibles ou sans intérêt. Tu te vautres dans le tout à l'ego.

Pour ne pas succomber aux vanités digitales, il te faut reprendre confiance dans ta vie, tes choix, tes envies. Apprendre à aimer ce que tu as, ce que tu fais avec tes moyens, tes capacités. Ta vie est unique et elle elle pleine de bons moments, de beaux souvenirs qui valent plus que ceux de la première starlette venue. Car ce sont les tiens. 

Ne te fais pas piéger par une compilation des meilleurs moments de la vie des autres, tout cela n'est qu'artifice, mise en scène, concentré de vie. Une vie c'est une alternance de bons moments, de peine avec entre les deux beaucoup de routine. La vie n'est pas un film. 


Souviens-toi de Truffaut dans la Nuit Américaine: "Je sais, il y a la vie privée, mais la vie privée, elle est boiteuse pour tout le monde. Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, il n'y a pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends ? Comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail de cinéma."

Rien n'a changé, sauf le medium.


samedi 22 août 2015

Réseaux sociaux et modèle publicitaire

Il est toujours surprenant de voir l'obsession publicitaire de nombre de géants du web. C'est toujours la même histoire : service gratuit contre publicité. Pourtant il y a tellement d'autres façons de construire une affaire : vendre des services, ouvrir le service aux marchands... Mais la publicité reste l'horizon indépassable. Pourtant qui regarde encore la publicité en ligne ? Qui peut encore croire à la valeur de la publicité à part les "spécialistes" de la stratégie digitale et les publicitaires ? On ne va pas les blâmer : ils ne font que sauvegarder leur gagne-pain.

Au final, ce choix de modèle n'est-il pas révélateur de l'état d'esprit des fondateurs ? C'est le choix du confort : pas de client final, pas d'obligation de qualité de service (c'est gratuit), pas de relation client à gérer. Finalement, n'est-ce pas un rêve d'ingénieur un peu autiste ? Loin très loin du doux commerce, source de relations sociales "réelles".