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vendredi 22 septembre 2017

Le véritable secret des entrepreneurs qui réussissent

Être entrepreneur est certainement le rôle le plus valorisé à l'heure actuel. C'est le héros des temps modernes, un être d'exception qui par ses seules qualités créé de la valeur. 

Pourtant de nombreuses personnes oublient que ce qui fait la différence est la capacité à prendre des risques, à tenter, créer, sans avoir peur du lendemain. On va te parler de qualités uniques, de force de caractère, récompensant les audacieux. Mais tout cela est faux.

Ce qui fait la différence n'est pas la capacité à prendre des risques mais la possibilité de survivre à un échec. Si tu sais pouvoir rebondir après un échec sans trop de mal financièrement et socialement, tu prendras tous les risques pour monter ton projet, tes décisions seront mieux avisées sans la pression du court terme. Or, la meilleure assurance pour cela est d'avoir un capital financier et social important. 

Voilà pourquoi l'écrasante majorité des entrepreneurs, incluant les créateurs de start-ups, sont issus de milieux aisés. La capacité de se lancer sans trop se soucier de l'argent est le secret qui permet d'augmenter fortement ses chances de réussites. 

Le talent ou le mérite viennent après dans les facteurs clés de réussite. 

vendredi 21 avril 2017

Mommy-tech : de l'adolescence éternelle

Quand tu y réfléchis, les petits génies de la tech ne poursuivent qu'un seul but : revenir grâce à leurs services au temps béni où leur maman s'occupait de tout. 

Plaisanterie tu me diras. Et pourtant regarde un peu :
- Maman t'emmène à ton match de foot ou à l'anniversaire de Kevin ? C'est Uber
- Maman range ta chambre, fais le ménage et donne une apparence convenable à ce qui te sert de chambre ? C'est Helpling
- Maman te fait à manger et si possible de bons petits plats préparés avec amour ? C'est Uber eats ou Deliveroo
- Maman fait ton linge ? C'est 5 à sec à domicile
- Maman t'achète un nouveau DVD, pour que tu puisses jouer l'autiste dans ta chambre ? C'est Netflix 
- Maman s'occupe d'entretenir la maison ou de réparer ce truc que tu as cassé ? C'est Taskrabbit

On peut appeler ça la Mommy-tech.  Et tu me diras que c'est cohérent avec l'impression d'une adolescence sans fin chez nombre de tes congénère. 

Le marché était à prendre en somme.

lundi 9 janvier 2017

Monter une startup ou une entreprise frugale ? Les leçons de la crise chez Medium

Tu apprends que Medium, la plateforme de blogs la plus populaire du moment est dans une impasse. Après avoir levé 132 millions de dollars et au bout de 5 ans d'existence, l'entreprise avoue ne toujours pas avoir trouvé de modèle économique pour son service (!). La publicité, ce miroir aux alouettes, n'offre aucun moyen de financer dans la durée un service, l'impasse stratégique de Medium le montre une nouvelle fois. Il faut trouver le moyen de faire payer d'une façon ou d'une autre le producteur ou le consommateur afin de construire une plateforme pérenne. C'est le modèle des journaux qui sont en train de réussir leur transition numérique comme le Washington Post

Mais revenons à la question de fond : veux-tu créer une startup ou être frugal et créer une entreprise, une vraie ? Medium paie le fait d'avoir voulu "accélérer" il y a quelques années grâce à l'argent des autres au lieu de trouver rapidement un modèle économique et compter sur ses propres forces. Mais comme parfaitement résumé dans un post au vitriol de Signal v. Noise le blog de Basecamp (lis le génial Rework), Medium a cédé aux sirène des VCs, Et les VCs vont assassiner Medium car ils veulent un retour sur investissement, rapidement. 

Une entreprise ne devrait jamais repousser la définition d'un modèle de revenus pérenne grâce aux fonds d'investisseurs. Non, elle doit se débrouiller pour équilibrer les comptes le plus vite possible, financer sa croissance par ses propres moyens, être frugal et ne pas perdre d'argent en exploitation (faire financer des investissements est une autre question). Car rappelons une évidence : une entreprise doit faire des profits si elle veut survivre et pour cela il faut convaincre des clients de payer un produit ou un service.

Cette histoire te rappelle les mésaventures de Posterous, excellent service de blogging que tu utilisais il y a des années. Le service racheté par Twitter a été fermé peu de temps après dans l'indifférence générale, laissant ses utilisateurs au milieu de nulle part. Mais les fondateurs ont retenu la leçon, ils se sont mis à l'entreprise frugale en créant un nouveau service... de blog : une offre payante, une équipe réduite et une ambition mesurée. Voilà sûrement une voie intéressante à suivre.

Et voilà pourquoi tu utilises aujourd'hui Blogger. Tu te dis que Google ne devrait pas lâcher sa plateforme. La tranquillité sur la pérennité de ton contenu en ligne n'a pas de prix. 

vendredi 30 décembre 2016

Vers l'éclatement de la bulle Uber ?

- L'entreprise enregistre des pertes abyssales de l'ordre de 3 milliards de dollars pour des revenus de 5,5 milliards.
- Le taux de croissance a tendance à ralentir, les marchés les plus porteurs commençant à saturer.
- Aux Etats-Unis, Uber a perdu 100 millions de dollars au dernier trimestre alors que l'entreprise a 80% de parts de marché. Il n'existe donc pas de "vache à lait" permettant de financer la croissance ailleurs dans le monde.
- L'entreprise a une technologie reproductible demain par n'importe quel acteur pour quelques millions de dollars.
- Les voitures autonomes n'arriveront pas avant 2020 (et encore) et de toutes manières Uber ne maîtrise pas la technologie. Quel intérêt demain pour un constructeur de conclure un partenariat avec Uber ? Autant développer son propre service directement.
- Uber a été interdit dans certaines villes et certains pays et pourrait devoir considérer bientôt ses chauffeurs indépendants comme des salariés (procès en cours à Londres et en Californie).
- Le taux de rétention des chauffeurs est de plus en faible notamment aux Etats-Unis (reprise économique aidant) et les relations avec les chauffeurs se dégradent ainsi que la qualité de service (cf. la grève récente en France).

Nous ne sommes pas dans le cas d'Amazon au début des années 2000 qui perdait de l'argent pour construire un avantage compétitif et une logistique de premier ordre. Nous avons ici une entreprise qui perd des fortunes en exploitation et sans aucune barrière à l'entrée

Les 69 milliards de valorisation pour Uber apparaissent donc un tantinet exagérés, non ?

vendredi 9 septembre 2016

Chasse aux talents

Tu entends ce discours récurrent sur la chasse aux talents, la nécessité d'attirer les meilleurs, les plus intelligents, les plus entreprenants au sein de l'entreprise. 

Tu tombes comme ça sur un article de Carlos Ghosn expliquant que Renault-Nissan est en train de créer une start up interne destinée à développer les solutions de mobilité du futur. L'appel aux talents est clair, les perspectives alléchantes. Pourtant tu restes perplexe face à ce type de discours. 

Car tout le monde parle de talents sans savoir exactement ce que cela veut dire. Est-ce que les entreprises cherchent des ingénieurs géniaux, des leaders inspirants, des chefs de projet habiles ? Quelles sont les qualités de ces talents, est-ce que tous les profils doivent sortir du même moule ? Personne ne sait. 

Au-delà du discours marketing creux, ce concept pose aussi d'autres questions plus gênantes :
- Le discours sur la chasse au talent est porté par des dirigeants justifiant leurs salaires souvent abusifs par l'existence d'un marché des dirigeants ultra-compétitifs (marché dont l'existence n'est pas évidente). Expliquer que l'enjeu clé est d'attirer les talents est donc une manière de justifier leurs propres avantages. C'est plutôt malin et pas forcément conscient d'ailleurs.
- Tu sens poindre un discours élitiste avec d'un côté les talents réels ou supposés bénéficiant d'avantages parfois indécents et de l'autre la masse des employés de plus en plus précarisés, considérés comme un poste de coût devant être remplacé à terme par des robots. Ceci te rappelle le meilleur des mondes, Métropolis, Bienvenue à Gattaca...
- Plus fondamentalement, la chasse aux talents, le recrutement des meilleurs semble servir de stratégie de secours à des entreprises en mal d'idées. Pourtant, rien ne peut remplacer la définition d'une stratégie claire, simple, mise en oeuvre dans la durée. Le succès d'Apple par exemple est avant tout dû à la définition d'une identité de marque claire, d'une stratégie cohérente centrée sur quelques produits et services phares. 

Les talents ne peuvent s'inscrire que dans un collectif, dans une stratégie globale. Comme dans une équipe de football, les solistes géniaux peuvent faire la différence mais ils ne feront rien seuls. Mal dirigés, ils risquent de se lancer dans des initiatives solitaires, mettant en danger l'équipe. 

Voilà pourquoi il vaut mieux une stratégie claire, mise en oeuvre de manière cohérente par des personnes "normales" qu'une équipe de "talents" mal employée.


mercredi 31 août 2016

Licorne

Il est amusant d'attribuer le nom d'un animal fantastique à des entreprises sensées valoir des milliards grâce à une croissance vertigineuse. Comme si inconsciemment, ces entreprises poursuivaient un but chimérique. 

Pourquoi ne pas les avoir nommées lions, gazelles ou dauphin ? 

dimanche 22 mai 2016

Les start up dernier soubresaut de la societe de la croissance ?

Notre societe reposant sur la croissance économique sans fin est de plus en plus critiquée. Mais en parallèle, les start-up conçues pour l'ultra-croissance sont célébrées, perçues comme un moyen de renouveler le vieux monde. Schizophrénie ? 

Peut-être que les start up sont le dernier avatar caricatural de l'ère de la croissance. Avant l'invention d'un autre modèle ?

lundi 2 mai 2016

Simplicité

Le vrai défi de l'époque n'est pas la dette, le chômage ou la guerre. Non, c'est l'extension du domaine de la complexité, la gestion quasiment impossible des organisations publiques ou privées. Même les bureaucraties les plus efficaces ne sont plus capables de faire face, la complexité galopante envahit tout, anéantit toute initiative, toute espérance.

Voilà pourquoi les start up sont aussi populaires, elles apportent une rafraîchissante simplicité le temps de devenir à leur tour des machins bureaucratiques. 

Voilà pourquoi les populistes et extrémistes recrutent comme jamais : quelques idées simples, quelques slogans sont bien plus attirants que ce qu'il reste des idéologies anciennes. 

Voilà pourquoi les jeunes rejettent le vieux et complexe salariat au profit des contrats de freelance (pour se retrouver avec encore plus de complexité à gérer d'ailleurs). 

Ce n'est plus "winner takes all" mais "simpler takes all". 

mardi 29 mars 2016

Monter une entreprise ou une start up ?

Beaucoup créent une start up pour la culture, l'ambiance, le statut social lié à l'aventure. Ceux-là produisent un pitch et ont pour client les investisseurs potentiels. Le but final est de lever des fonds permettant de poursuivre le rêve.

Quelques uns batiront une entreprise. Ceux-là créent un produit ou un service destiné à répondre aux besoins de clients. Le but final est de faire un profit pérennisant l'affaire. 

Quel est ton modèle ? 

samedi 6 juin 2015

Start up

On ne parle que d'elles, elles constituent l'avenir de l'homme, l'avenir du pays. Ce sont les start up.

Tu vois fleurir 1000 fleurs, 1000 idées couvées avec amour dans des incubateurs, des accélérateurs. Même les grandes entreprises établies s'y mettent, finançant de la start up avec entrain. C'est bon pour les relations publiques et l'image de marque de toutes façons.

Que moults jeunes pousses n'aient aucun modèle économique peu importe, que leur marché soit souvent une niche dans la niche avec un potentiel de chiffre d'affaires de l'ordre de 1 million d'euros on s'en fiche. Il faut vendre du rêve, des paillettes, l'espoir d'une vente à plusieurs milliards. 

La bulle est de retour. Et quand elle te petera à la gueule tu feras moins le malin.