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lundi 31 juillet 2017

Ressentir la douleur à une époque aseptisée

Dans l'air climatisé de leur bureau, devant la lumière blafarde des écrans d'ordinateurs les cadres mondialisés s'ennuient. Ils vivent dans un univers ouaté, détachés des contraintes physiques, sans moyen de ressentir leur corps. Alors pour se reconnecter avec leurs sens, les cadres modernes paient pour sentir le froid, la douleur ou le muscle qui se contracte. 

Tu les voies à la salle de sport, courir un marathon, faire un entraînement commando pour retrouver leur corps, se sentir vivant, cesser d'être un passager un peu absent de leur vie. Dans ces activités sportives de plus en plus extrêmes (le nombre de marathonien a certainement explosé en 10 ou 20 ans), ils cherchent l'oubli d'eux-mêmes, la douleur ressentie par le corps permettant d'échapper à l'impératif d'être soi.

Quel délice pour ces cadres stressés, habitués à l'individualisme forcenés ! A notre époque d'hyper-connexion, de compétition et d'exigences sociales, s'oublier est certainement devenu l'un des luxes ultimes. Pas étonnant non plus que la consommation d'expédients de plus en plus forts se démocratise par ailleurs, ce n'est que la poursuite des mêmes fins par d'autres moyens.

Être connecté à son corps n'est plus une évidence, c'est désormais un commerce. Comme tout me diras-tu. 

mercredi 28 décembre 2016

Le bonheur par le plaisir

Souvent tu observes cette dichotomie étrange que font certains entre le bonheur et le plaisir. Le plaisir serait chose malsaine, dangereuse, réservé aux personnes peu recommandables alors que le bonheur, que personne n'arrive à définir d'ailleurs, serait l'objectif de toute vie. 

Pourtant, le bonheur n'est rien d'autre que la recherche du plaisir tout en évitant méticuleusement le déplaisir (ce que Epicure nommait l'ataraxie, si tu veux faire ton pédant). 

La recherche pragmatique du plaisir est préférable à n'importe quelle théorie fumeuse sur le bonheur.

mardi 25 août 2015

Pas le bonheur mais le plaisir

Voici une phrase de ce bon vieil Oscar (dans le doute face à une citation brillante, dis que c’est lui l’auteur tu seras dans le vrai dans plus de la moitié des cas). Cette phrase tu sais m’obsède depuis des années, depuis ce corrigé de devoir de philosophie lu il y a des années.

Pourquoi cette phrase réussit à ce point à me troubler ? Certainement parce qu’elle détruit les discours sur le bonheur, ce bonheur que personne n’est en mesure de définir clairement, ce bonheur synonyme de renoncement et de limitation des plaisirs. Combien de fois entendons-nous ce discours visant à limiter les plaisirs au nom d’un bonheur vague et indéfini ?

Plus le temps passe et plus j’adhère à l’idée d’Oscar. Oui au plaisir, à tous les plaisirs petits ou grands de la vie. Bien entendu, ceux-ci sont éphémères mais en attendant ils nous permettent de nous sentir vivants, de rendre notre quotidien plus supportable. Tous les plaisirs sont bons et doivent être recherchés car ils nous font du bien tout simplement : un bon repas, un moment entre amis, une étreinte passionnée, tous les moyens sont bons.

Tu me diras que je ne suis qu’un lascif, une planche pourrie par le vice. Détrompe-toi car bien entendu, le plaisir peut être dangereux et doit être manipulé avec soin. Il n’existe que deux règles à respecter. La première, toujours la même, ne pas faire aux autres ce qu’on n’aimerait pas que l’on te fasse. La recherche de ton plaisir ne doit jamais se faire au détriment des autres. La deuxième, le plaisir ne doit jamais être toxique pour ton corps ou ton esprit. Ainsi, les addictions diverses et variées que propose notre époque ne sont que de faux plaisirs, des chimères qu’il faut combattre avec la dernière énergie.


Au final, c’est Chamfort (pas Alain, l’autre) qui résume le mieux le fond de ma pensée : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale »