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mardi 26 septembre 2017

Règne de l'essentialisme au quotidien

Dans les discours publics, tu observes une montée des archétypes. Le monde est ainsi découpé par les idéologues et sophistes de tous horizons en catégories indépassables. Les fonctionnaires sont réduits à des privilégiés fainéants, les patrons à des êtres avides et sans scrupules, les immigrés vivant dans des quartiers déclassés en victime de la ségrégation sociale, les pauvres des assistés décérébrés et j'en passe. La pensée actuelle devient peu à peu essentialiste, elle tend à réduire les personnes à une identité fixe, indépassable, indiscutable. 

L'idée même que les êtres puissent être plus subtils, les identités plurielles et complexes est presque saugrenue. Il faut du simplisme, des oppositions franches, une lutte de tous contre tous. Pour cela, les identités sont reconstruites de toutes pièces, l'histoire réinterprétée, l'analyse des faits remplacé par le règne de l'émotion. Cet essentialisme n'est qu'un nouvel avatar du constructivisme, appliqué aux identités. 

Bien sûr cet essentialisme permet aux démagogues de se présenter en défenseur d'un groupe pour demander privilèges, prébendes et "respect". Voilà de quoi renforcer les attaques contre le bon vieux principe d'égalité en droit permettant à chacun de s'inventer un destin singulier. Mais la singularité, voilà ce que cet essentialisme nie de toutes ses forces.

vendredi 18 décembre 2015

Enfants gâtés

Tu entends tous ces cadres, tous ces titulaires de bullshit jobs se plaindre. 

Certains pauvres petits mignons s'ennuient dans leur travail comme si le travail devait être le seul moyen de donner un sens à leur vie minable. 

D'autres ne gagnent jamais assez d'argent, sans penser que d'autres plus intelligents s'en sortent avec beaucoup moins. Ceux là ne remettront jamais en cause leurs comportement de consommation, leurs dépenses dans des produits de marque qui ne valent rien (coucou Kooples ou Zadig  et Voltaire)  dans des "expériences" vaines (comme voyager à l'autre bout du monde sans comprendre de ce qu'ils voient).

Enfin, tu as aussi ceux qui trouvent leur travail de bureau tranquille pénible, insupportable, usant. Ce sont les pires. Que ceux-là aillent vider des poulets dans un abattoir, histoire de comprendre ce qu'est la pénibilité.

Tu me diras, toutes ces pleureuses sont à bonne école. Tu vois écoeuré ces élites médiatiques se répandre sur leurs petites contrariétés, leurs peines de cœur, leurs tracas d'élites repues. 

Tous ces gens ont perdu tout sens de la décence, tout sens du respect pour les humbles.

Cette époque doloriste est insupportable.

mardi 2 juin 2015

Deux façons de se raconter des histoires

Toute la journée tu te racontes des histoires. Des histoires plus où moins crédibles mais qui te permettent de tenir de rendre ta vie supportable en te trouvant de bonnes excuses. Tu as alors deux moyens d'y parvenir, envers et avers d'une même pièce : le ressentiment et la bonne conscience.

Le ressentiment c'est le versant négatif, c'est la justification de tes échecs, de tes mauvais choix, de tes non-choix. Les autres réussissent leur vie, sont plus heureux que toi alors tu les hais en silence, incapable d'exprimer ta rage. Tu te consumes à petit feu et tu soulages ta jalousie en trouvant des justifications à ta haine : untel est bien né, tel autre à couché, tel autre encore à eu de la chance et autres fadaises qui soulagent ton esprit malade.

La bonne conscience, c'est le versant positif, c'est adoucir tes capitulations quotidiennes, cacher sous le tapis tes bassesses par une  action isolée qui te donne l'impression d'être quelqu'un de bien. Tu ne vois jamais tes enfants, trop obsédé par ton travail ou ta vie personnelle ? Oui mais tu ne loupes jamais une fête des écoles. Tu es d'une efficacité douteuse dans ton travail ? Oui mais tu finis bien tard chaque soir et tu n'arrives jamais à solder tes congés. La encore, tu te trouves des excuses pour réussir à te supporter. 

Surmonter le ressentiment, ne pas céder à la facilité de la bonne conscience. Aller de l'avant