samedi 18 mai 2019

Métro matinal

La foule se dépêche comme à chaque fois 
La sonnerie stridente perce les tympans  
La porte claque sur les rêves expirants 
Le métro hurle son désespoir sur les voies  

Prisonniers d'un silence lourd, assourdissant   
Livides, le regard perdu, les gestes las 
Motte Piquet Grenelle, Concorde, Opéra 
Foule silencieuse, wagon mugissant  

Tuant le temps et d’insignifiants moustiques 
Dans le fracas mécanique qui les entoure  
Musiques ou livres rendent aveugle et sourd  
A cet autre, étranger, idem diabolique 

Dans la réunion des âmes isolées  
Bien malin celui qui devinera les vies 
Le doux caractère, les étranges envies  
De ces quidams honnis aux regards désolés 

Dans un crissement puis un coup de frein brutal  
Le molosse vomit ses derniers passagers 
A la sortie s’étend, la cité machinale

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