mercredi 27 juin 2018

De l'illusion de la prise au tas à l'époque technicienne

Les rêves anarchistes reviennent à la mode. Peut-être est-ce les 50 ans de Mai 68, peut-être est-ce l'absence totale de perspectives économiques et sociales, peu importe. 

Tu observes de petits groupes, émules de Kropotkine, occuper le bocage, proclamer des Communes libres. Mais à l'époque de la technique triomphante, ils échoueront. 

Trop de bureaucrates, trop de mains blanches se lancent dans la lutte : ils ne savent rien faire de leurs 10 doigts, le temps des ouvriers révolutionnaires de Paris ou de Catalogne est bien loin. Pire encore, la complexité de la machinerie économique est telle qu'il faut avoir dans son camp les bons experts, ceux qui peuvent assurer la prise en main du système. Mais ceux-là n'ont pas d'intérêt personnel à créer un nouveau monde. Ils préféreront toujours danser sur un volcan. On ne les blâmera pas. 

Alors que faire ? Cesse de parler et agis. Il te faut réapprendre à produire, à créer de tes mains : cultiver un jardin, réparer des objets, acheter un petit bout de territoire et vivre de manière résiliente. Ensuite seulement, tu pourras fédérer les énergies, inventer un système d'échange parallèle, hackant l'existant. Les émules viendront, question de temps. 

La prise au tas a vécu mais rien n'empêche de bâtir un autre monde. Rien, sauf ton manque de courage.  

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