mardi 13 décembre 2016

Ne cherche pas l'utilité là où il n'y a que nécessité

Tu trouves de plus en plus de personnes s'interrogeant doctement sur l'utilité de tel travail ou de telle tâche. Elles remettent en cause l'utilité de certains métiers, se plaignent du manque de place accordée à des métiers ou des activités "utiles" tels qu'éduquer des enfants, prendre soin de personnes fragiles ou créer des œuvres d'art. 

Mais toutes ces considérations partent d'une incompréhension de de la notion d'utilité. Un moyen est utile pour arriver à une fin, un marteau est utile pour planter un clou. Plus prosaïquement, toute tâche pour laquelle quelqu'un est prêt à payer est par définition "utile" car créant de la valeur ajoutée pour quelqu'un (laissons de côté les questions de morale ici). 

A côté de cela, tu as toute une série de tâches et métiers qui n'ont pas de valeur ajoutée monnayable  mais qui sont nécessaires. Ici, tu retrouveras les services publics (santé, éducation...) payés par la collectivité, les emplois administratifs dans les entreprises (les fameux bullshit jobs), la conformité dans les banques et l'art bien sûr. Car rien n'est plus idiot que d'appeler à l'émergence d'un art utile. L'art est un inutile de droit, c'est une fin en soi et non un moyen, sauf lorsqu'il est détourné à des fins de propagande bien entendu. Mais est-ce encore de l'art d'ailleurs ?

C'est pour cela que tu te sens mal à l'aise avec ces personnes qui souhaitent vivre d'une activité nécessaire, souvent tout à fait louable mais sans aucune viabilité économique en te vantant leur "utilité". Ou comment tenter de travestir la définition de valeur ajoutée pour espérer vivre d'un rêve ou d'un loisir. Car n'oublie pas, certains jobs à la con ont une valeur ajoutée car ils trouvent des personnes prêtes à payer pour cela et certains emplois reconnus socialement doivent être subventionnés d'une manière ou d'une autre car personne n'est prêt à payer le prix réel du service.

Les lois de l'économie sont implacables. Dura lex, sed lex 

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