mardi 16 août 2016

Pussy Generation

Dans la torpeur de l'été, ce bon vieux Clint Eastwood a encore frappé en envoyant paître la "Pussy génération" politiquement correcte, choquée par des phrases et attitudes qui selon lui n'auraient pas été considérées comme raciste il y a de cela quelques décennies. Evidemment, les procès en fascisme n'ont pas trainé et on peut être sûr que ce brave Clint prend la chose avec la décontraction de Dirty Harry. 

Au-dela de la polémique ras des pâquerettes, tu te demandes si tu appartiens à cette génération de mauviettes. Il est certain que ta génération a eu la chance de ne pas connaître la guerre (le terrorisme est bien autre chose), d'être affranchie d'une bonne part des travaux physiques durs et dégradants (même les usines sont bien moins dures aujourd'hui, au moins en Occident). Mais en contrepartie, ta génération connait la précarité grandissante, l'explosion du prix des actifs (logement notamment) et sera très certainement privée de retraite. Chaque génération a ses difficultés, la tienne a son lot de problèmes.

En revanche, Clint touche juste sur l'hyper-sensibilité (sensiblerie ?) de ta génération. C'est une caractéristique qui te met d'ailleurs un peu à part avec ta lucidité cynique et tes rudes critiques même vis-à-vis de tes proches. 

En effet, tu vois autour de toi une génération à fleur de peau acceptant difficilement la critique même constructive, incapable de gérer le conflit, les différends, les accrochages inévitables dans une communauté humaine. Oui Clint touche le noeud du problème car toi aussi tu as l'impression de marcher sur des oeufs dès que tu fais une remarque justifiée à un subordonné (tu te souviens avec émotion du jour ou tu as expliqué le principe du lien de "subordination" a un jeune que tu encadrais), dès que tu fais une blague un peu lourde, dès que tu veux poser les limites dans une relation. 

Tu sens en effet dans ton quotidien que l'expression d'une opinion  tranchée ou un peu provocatrice est devenue insupportable pour une génération confondant bienveillance et complaisance, tolérance et médiocrité, opinion personnelle et analyse de fond. C'est comme si toute une frange de personnes hurlait son besoin de reconnaissance sans réserve, sans distance, sans critique. Avec cela, tu t'étonnes qu'il n'y ait plus beaucoup de place pour l'humour...

C'est notre incapacité à communiquer entre adultes de manière franche et honnête, d'oser l'invective au besoin qui nous a transformé en génération mauviette. Désormais, nous semblons condamnés à la guimauve et  aux bons sentiments, histoire de ne vexer personne. 




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