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dimanche 29 janvier 2017

Où marches-tu le plus ? Un paradoxe

Il existe un paradoxe amusant : ce n'est pas à la campagne que tu marches le plus mais en ville. Les distances à parcourir, l'absence de services à proximité ou le manque de buts de sortie dans les alentours vont te pousser à faire l'essentiel de tes déplacements en voiture là où tout se fait à pied dans les centres urbains. 

Tu es souvent confronté à ce genre de réalité contre-intuitive. On meurt aussi plus de faim dans les campagnes qu'en ville en cas de crise alimentaire grave (le ravitaillement arrive d'abord dans les villes).

dimanche 28 août 2016

Chroniques romaines (1) : mélancolie

Est-ce l'effet des ruines à chaque coin de rue, signe tangible d'une grandeur fanée ? Est-ce la chaleur languissante, les façades décrépies, l'atmosphère de belle endormie ? Ou bien est-ce tout simplement cette lumière crue qui te fait bouillir les tempes ? 

Mais ici à Rome tu te sens d'humeur mélancolique. Tu as envie de te poser à chaque coin de rue, prendre un café serré, méditer sur ton parcours, tes réussites, tes échecs, les choix encore possibles. Tu te laisses aller à la langueur, tu deviens silencieux, tu es hors du temps au milieu de l'Histoire. 

Tu te laisses dériver dans la ville, sans forcément de but précis. Et ça te fait du bien.

dimanche 10 juillet 2016

Chroniques new-yorkaises (3): New-York vs. Paris

New-York est une ville organique, incontrôlée et incontrôlable.

Paris est une ville minérale, lentement érodée par l'histoire, petite ou grande.

vendredi 8 juillet 2016

Chroniques new-yorkaises (2) : fitness

A New York, tu vois sans arrêt des femmes faire du sport. Elles portent toutes les mêmes tenues (censées mettre en valeur leur cul en béton et leurs jambes fuselées), des baskets fluo et un gobelet en plastique contenant une boisson bizarre sensément détox ou énergisante.

Le mâle européen regardant son nombril (je n'ai pas dit autre chose) te dira que les New-yorkaises prennent un soin maniaque de leur corps pour plaire aux hommes ou par narcissisme. Pourtant rien n'est plus faux.

Ces femmes ne sont pas narcissiques, elles ne sont pas en demande vis-à-vis des hommes. Elle ne font que poursuivre la compétition acharnée dans leur travail ou dans leur vie sociale par leur corps. Le fitness n'est que la poursuite de la logique compétitive par d'autres moyens. 

L'objectif est très simple : il faut optimiser  son potentiel, tirer le meilleur de son corps et se rapprocher des benchmarks de marché (le mannequin Victoria Secret, la bombe du service marketing...). Il n'y a pas d'émotion mais une approche rationnelle, efficace de la beauté. D'ailleurs, tu remarqueras qu'elles tendent toutes à avoir la même silhouette, preuve de l'existence d'un standard de marché.

Le fitness est un moyen comme un autre de se placer dans la compétition avec ses congénères, une façon de lutter contre celles mieux nées ou travaillant dans des secteurs d'activité plus attractifs. 

mercredi 6 juillet 2016

Chronique new-yorkaise (1) : le joggeur de Central Park

Tu te retrouves dans cet immense rectangle de verdure, posé au milieu de l'agitation urbaine. Tu vois courir partout autours de toi des hommes et des femmes de toutes conditions, de toutes origines, de tous âges. Ils sont là sous le ciel azur en train de suer à l'unisson, c'est presque émouvant pour le non-sportif que tu es.

Tu repenses alors à ce manager qui a peine débarqué à New-York, complètement décalqué par le décalage horaire était parti courir à 6h30 du matin. Il n'allait pas courir par réelle envie mais parce que tu comprends, courir à Central Park c'est cool. 

Courir à Central Park, c'est comme aller au concert ou à l'exposition à la mode. Peu importe le plaisir pris, l'important est d'y être, de faire parti de la communauté. Quand tu cours à Central Park, tu montres que tu appartiens à une élite mondialisée, sportive, active. Tu mets en scène ta réussite. 

Bizarrement, toi tu préfères rester au lit.

jeudi 7 janvier 2016

Marges

Peu à peu, tu vois les entreprises quitter le centre-ville pour migrer vers la banlieue. Ce sont notamment les fonctions support (comptabilité, finance, back office, service client) qui sont envoyées dans d'anciennes banlieues industrielles. 

Le processus de rejet dans les marges de la cité des activités occupées par les humbles se poursuit au fil des années, éliminant méthodiquement des franges de plus en plus large de la société. Hier les ouvriers (souviens-toi des ouvriers Citroën quai de Javel dans les années 80, remplacés par les employés de France Télévision dans les années 90), aujourd'hui les employés de bureau. 

La ville, ses lumières, ses attraits sont désormais réservés aux cadres dirigeants, aux professions intellectuelles, aux touristes. L'embourgeoisement est en marche, inexorable, éliminant lentement les petites gens. Le Paris populaire n'est plus, il est devenu folklore, enseignes anciennes et produits traditionnels vendus à prix d'or. 

La ville est désormais un parc d'attractions pour classes aisées, un simple décor de cinéma blanchi à la chaux, sec, sans âme, sans aspérité. Il ne manque plus que Mickey et Minnie. 

samedi 25 juillet 2015

Ville contre campagne

A la campagne on se passe les coins à champignons. En ville, on se passe les coins à places de parking.