Affichage des articles dont le libellé est propriété. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est propriété. Afficher tous les articles

lundi 1 octobre 2018

Qui est l'homme dangereux ?

L'être humain le plus dangereux, le plus capable de violence et de haine n'est pas celui qui ne possède rien. Il est résigné, n'ayant pas grand chose à perdre, sa capacité de révolte est proche du néant. C'est le lumpenprolétariat méprisé par Marx et les révolutionnaires.

Tu pourrais croire que c'est le riche alors. Erreur, le riche possède suffisamment de capital économique pour supporter une perte et suffisamment de capital social pour faire jouer ses réseaux au besoin. Il sait qu'il pourra se relever d'un revers de fortune.

Non, c'est celui qui possède quelques biens, un petit quelque chose, dont tu dois te méfier. Il a quelque chose à perdre et sait n'avoir ni la possibilité, ni la force de repartir de zéro. Celui-là sera prêt à tout pour protéger ce qu'il a, refusera tout compromis, se soumettra à toute personne lui offrant une petite sécurité. Ce sont les classes moyennes plus ou moins déclassées qui iront voir du côté des populistes, réclameront l'exclusion des autres, obtiendront l'élimination du moindre risque dans leur routine quotidienne. 

Ce dernier type d'homme est dangereux car il désire de manière désordonnée. Il n'est pas repu, il a encore une soif non assouvie de plaisir. Il ne consent pas au monde et à son destin, il lutte pour exister, croyant qu'une routine consumériste suffit au bonheur, une nouvelle passion triste remplaçant l'autre. 



mercredi 4 juillet 2018

De l'intérêt de la propriété privée

L'heure est à l'usage, l'âge de l'accès doit remplacer l'âge de la propriété. Désormais l'abonnement ou la location courte durée remplacent de plus en plus la possession du bien ou les contrats longs. Cette tendance devrait également devenir la norme au niveau de l'emploi avec la montée des indépendants, intervenant ponctuellement dans les entreprises. Tout doit être fluide, reconfigurable, souple et la propriété devient un obstacle insupportable. D'ailleurs, même les entreprises et les commerces louent de plus en plus leurs murs pour pouvoir être plus flexibles dans leurs choix d'implantation. 

On pointe bien entendu les risques sociaux, ce type de modèle favorisant les plus performants, les plus dynamiques, les plus malins. Mais on oublie à quel point ce modèle peut être dangereux pour ceux qui en font la promotion :
- Mes superbes locaux loués peuvent disparaître et être récupérés par un autre à la fin du bail.
- Ma super équipe de freelance peut m'abandonner quasiment du jour au lendemain, sans clause de non-concurrence, si elle trouve mieux ailleurs.
- L'abonnement payé par mes clients est bien faible par rapport à la rentrée de trésorerie d'un achat pour de bon.
- Le Airbnb de rêve est pris et m'empêche de partir en vacances. La propriété d'une maison secondaire permettait au moins d'avoir un point de chute assuré.

La propriété garde cet avantage unique : elle offre de la prévisibilité et donc de la sécurité. S'appuyer sur la possession de biens et services clés (incluons ici les salariés bien plus "sûrs" avec leurs contrats rigides) permet de se projeter plus facilement dans le futur, de ne pas vivre avec le risque de devoir tout remettre en cause. 

La propriété permet aussi de simplifier l'organisation, de réduire la complexité et le coûts des noeuds de contrats qui font les organisations. Quand tout votre système de vie et/ou de travail repose sur des contrats divers, le coût de maintenance dépasse à partir d'un certain seuil la souplesse attendue. La propriété permet ainsi de se simplifier la vie en réduisant les risques. 

Voilà pourquoi tant de personnes et d'organisations sont extrêmement fragiles alors que leur souplesse semble les rendre invincibles. Elle n'ont tout simplement pas atteint le moment où la propriété redeviendra une option sérieuse. 

C'est une simple question de prise de conscience du couple risque/bénéfice.

jeudi 16 février 2017

Comment le matérialisme te connecte aux autres

Tu considères trop souvent le matérialisme comme un besoin narcissique d'avoir, une quête égoïste d'accumulation pour satisfaire ton bon plaisir. 

Or, accumuler des biens et des possessions est d'abord l'expression d'un besoin de connexion. J'achète des biens, je cède aux sirènes de la mode pour me sentir appartenir à une communauté, partager les mêmes goûts et les mêmes rituels. 

Voilà pourquoi la gêne financière, même si elle ne t'empêche forcément de subvenir à tes besoins primaires, est si douloureuse à vivre. Sans capacité de dépenser, tu te sens à part, isolé de la masse qui peut s'offrir les signes de sa bonne intégration, partager des conversations sur ces choses dont la possession rapproche de l'autre.

Car l'homme a besoin de se sentir inclus dans une communauté pour se sentir exister et le mimétisme dans les comportements de consommation est un bon moyen d'y parvenir. Mais encore faut-il en avoir les moyens.

Comportement de mouton bêlant me diras-tu ? Mais appartenir à un troupeau est tellement rassurant, avoue-le.

jeudi 3 novembre 2016

Et si tu repartais de zéro ?

Souvent nous sommes angoissés par la peur de tout perdre, de tout recommencer à zéro. C'est certainement pour cela que la détresse des personnes frappées par des inondations nous touche autant : elles vivent l'épreuve qui nous fait certainement le plus peur. 

Pour calmer cette peur du manque bien légitime, imagine cette situation. Oui imagine que demain tu perdes ta maison, tes biens, tout. Il n'y a plus que toi, tes proches mais vous avez la chance d'être en bonne santé. De quoi aurais-tu besoin pour reconstruire rapidement quelque chose ? 

J'ai tenté l'exercice, je n'aurais pas besoin de grand chose quand j'y réfléchis :
- Une pièce d'identité
- Un peu d'épargne liquide (tu devrais toujours avoir l'équivalent de 4 mois de revenus en réserve)
- Une carte bleue
- Un portable pour rester en contact, faire les démarches qui s'imposent
- Un ordinateur pour avoir tes documents numérisés sous la main
- Quelques photos de famille et encore elles sont numérisées pour la plupart
- Des proches aimant qui t'aideront à te relever, à gérer la période de transition après la catastrophe

Et c'est tout. Le reste n'a aucune importance, ce ne sont que des choses matérielles qui seront remplacées. Malgré les souvenirs perdus. tu sauras faire face.

mardi 27 septembre 2016

samedi 30 juillet 2016

Possession

L'objectif n'est pas de ne rien posséder.

L'objectif est que rien ne te possède.

jeudi 2 juin 2016

Du capital financier au capital immatériel

Regarde les plus démunis : ils accumulent, jettent peu car ils ne sont pas sûrs de pouvoir se payer de nouveau cet objet inutilisé depuis des années. Alors ils stockent. 

Compare avec les jeunes aisés : ils louent, prêtent, partagent. Ils ne s'encombrent pas de possessions, ils sont entrés dans l'âge de l'accès et peuvent se proclamer minimalistes. Toute la hype autour du minimalisme est d'ailleurs un truc de riches, de personnes n'ayant pas peur de  manquer, de vivre sans filet (note: tu en fais parti). 

Mais ces jeunes minimalistes ne sont pas des ploutocrates vivant de leurs rentes. Ils ont souvent un capital financier limité mais ils compensent par un capital social, technologique, relationnel tel qu'ils n'ont pas peur du lendemain. Leurs réseaux divers leur permettront toujours de retomber sur leurs pieds car là est la richesse des temps nouveaux. 

Dis-moi le volume de tes possessions et je te dirai ta place dans la société.